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Micronutrition des femmes

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L’état nutritionnel des Français n’est pas vraiment satisfaisant. En effet, si 72 % des Français estiment respecter l’équilibre alimentaire, il existe en fait une inadéquation entre les apports souhaitables et les apports réels, puisque seulement 3%  respectent les fourchettes de l’équilibre alimentaire.

Par ailleurs, les besoins en micronutriments varient au cours de la vie d’une femme en fonction de différents facteurs :

 

-L’âge

-La grossesse

-Le climat hormonal

 

Pour les minéraux et les oligo-éléments, il existe des recommandations de deux sortes, en fonction de l’âge. En effet, 55 ans est un âge charnière en termes nutritionnels.

Il y a des différences notables pour le calcium : les besoins sont plus importants après la ménopause, en prévention de l’ostéoporose (900 mg/jour avant 55 ans et 1200 mg/jour après 55 ans).

A l’inverse les apports nutritionnels conseillés en fer sont abaissés après 55 ans du fait de l’arrêt des règles. Cependant, les femmes qui sont sous traitement hormonal substitutif (THS) et qui conservent leurs règles, auront besoin d’apport en fer identique à celui des femmes jeunes.

 

Les français ont été classés en six groupes par l’Observatoire des consommations Alimentaires en fonction de leur façon de manger.

On distingue :

 

  • Les petites mangeuses diversifiées (groupe 1)

            -15 % de la population

            -80 % de femmes, dont les 2/3 ont plus de 45 ans

            -Apports énergétiques faibles

            -Forte consommation de fruits, légumes et soupes

            -Obésité pratiquement absente.

 

  • Les gros mangeurs diversifiés (groupe 2)

            -14 % de la population dont 35 % en région parisienne

            -85 % d’hommes entre 25 et 54 ans

            -Alimentation diversifiée mais très riche en calories, beaucoup de pain, beurre, viande, sauce, sucre et ses dérivés

            -45 % ont un IMC de plus de 25 % (= surpoids)

            -10 % d’obèses

 

  • Les mangeurs standards (groupe 3)

            -27 % de la population

            -38 % de retraités

            -60 % de femmes

            -Surpoids : 38 % de cette population

            -Alimentation traditionnelle française typique

 

  • Les jeunes mangeurs (groupe 4)

            -14 % de la population

            -Forte consommation de biscuits sucrés, sodas, chocolat, riz et pâtes

            -60 % d’hommes

            -75 % de jeunes de 18 à 34 ans

            -34 % en région parisienne

            -population exposée aux risques d’obésité

 

  • Petites mangeuses pressées (groupe 5)

            -18 % de la population

            -jeunes (2/3 en âge de procréer)

            -Apports énergétiques faibles

            -Forte consommation de viennoiseries, pizzas…

            -Déficit : folates, calcium, vitamine C, magnésium et fibres

 

  • Les gros mangeurs monotones (groupe 6)

            -11 % de la population dont 90 % d’hommes de 25 à 54 ans en moyenne

            -Forte consommation de boissons alcoolisées (20 % de leur apport énergétique), beaucoup de fromages, charcuteries, d’abats, de pomme de terre et de café

            -45 % en surpoids et 8,8 % d’obèses

            -Niveau d’éducation moyen et revenus peu élevés

 

Les femmes sont essentiellement représentées dans les groupes 1 et 5.

 

Portrait de la petite mangeuse pressée

 

C’est en général une femme active de 35 ans, mère d’enfants, qui ne prend qu’un café le matin.

A l’heure du déjeuner, elle ne reste pas au bureau, en profite pour faire quelques courses.

Elle mange la plupart du temps un sandwich, un soda light et une pâtisserie.

A quatre heures, comme elle est au régime, elle mange un goûter allégé.

Le soir, en rentrant chez elle, elle grignote (fromage et pain en petite quantité) en faisant manger les enfants.

A 21 h, elle prépare un dîner équilibré (viande, légumes…) mais elle ne mange pas beaucoup car elle n’a plus très faim.

On constate donc que son apport énergétique est inférieur à ce qu’il devrait être (en moyenne 1500 calories) mais que son apport en lipides est élevé et qu’elle peut passer de 1200 à 2500 calories par jour.

Elle a un déficit en vitamines, oligo-éléments (calcium, folates, magnésium, vitamine C) et fibres en raison de son fonctionnement par périodes de restriction puis de « libération » alimentaires (phénomène de yo-yo).

 

Solution

 

Elle doit rééquilibrer sont alimentation :

 

-en réapprenant à manger équilibré grâce à une éducation nutritionnelle.

-par une supplémentation nutritionnelle en vitamines et oligo-éléments.

-Pour les femmes, à apport énergétique égal, les petites mangeuses pressées représentent 18 % de la population. Ce groupe 5 comprend souvent des jeunes femmes en âge de procréer. Leurs apports moyens en folates (200 µg) et en calcium (600 mg) sont insuffisants. Leurs apports en vitamine C, magnésium et fibres sont également bas. Les femmes en restriction alimentaire sont comprises dans ce groupe. Leurs apports en micronutriments sont systématiquement inférieurs à ceux du groupe des petites mangeuses diversifiées.

 

Portrait de la petite mangeuse diversifiée

 

Les petites mangeuses diversifiées représentent 15 % de la population.

Deux tiers d’entre elles ont plus de 45 ans et, contrairement au groupe 5, leurs apports énergétiques sont faibles.

Ce sont de grosses consommatrices de fruits et de légumes.

Rythmes de vie, régimes à répétition, manque de variété alimentaire sont donc à l’origine de vraies déficiences.

L’impact de la contraception orale (la pilule) est également démontré dans la survenue de déficit en micronutriments.

La consommation régulière de tabac et d’alcool accentue encore ces déficits.

 

La femme en âge de procréer

 

Pour la femme en âge de procréer, les déficits en micronutriments les plus fréquents sont les déficits en fer, en calcium, en folates, en magnésium, en fibres et en vitamine C.

Le manque de magnésium  et de zinc est particulièrement évident puisqu’environ 23% des femmes ont un apport inférieur de 2/3  par rapport  aux ANC (apports nutritionnels conseillés)  en raison d’apports énergétiques trop faibles (dus aux nombreux régimes restrictifs), du grignotage et d’utilisation de produits raffinés.

 

On reconnaît ces déficits par des signes plus ou moins évocateurs. Elles peuvent souffrir :

 

-D’anémie si elles manquent de fer ou étaient dans un état nutritionnel déséquilibré ou incorrect avant la grossesse.

-De spasmophilie et/ou  du syndrome prémenstruel  en cas de carence en magnésium.

-De constipation si elles ne prennent pas assez de fibres.

-De sécheresse cutanée si elles manquent de fer et d’acides gras essentiels.

 

La femme enceinte

 

Chez la femme enceinte, les déficits les plus fréquents sont le fer, les folates, et pour certaines d’entre elles, plus rares, la vitamine D et le zinc.

Durant la grossesse, les besoins en fer sont considérablement accrus du fait de l’augmentation physiologique de la masse des globules rouges et de la formation des tissus du fœtus et du placenta.

Les besoins quotidiens en fer sont de l’ordre de 30 mg/jour.

L’acide folique (folates) ou  vitamine B9  est également un autre nutriment dont les besoins sont revus  à la hausse durant la grossesse car une carence entraînerait un risque élevé de malformation (Spina Bifida  ou défaut de fermeture du tube neural qui ne permet pas à l’enfant né d’être viable).

Une déficience plus tardive est susceptible d’entraîner un retard de croissance du fœtus.

Le métabolisme du calcium est également modifié. En effet, le calcium du squelette de la mère est mis à la disposition du fœtus. Il s’avère donc indispensable que les apports en calcium avant la conception soient suffisants.

En outre le calcium est primordial pour le bon déroulement de la grossesse. Un apport élevé d’environ 2g/jour au maximum réduirait les risques :

-de troubles hypertensifs chez la mère de 70 %.

-de dépression du post-partum de 50 %.

-de tension élevée chez le nouveau-né.

-de prématurité.

Le manque de vitamine D, surtout en 2ème partie de grossesse et si l’ensoleillement est insuffisant, peut avoir des conséquences graves tels que l’hypocalcémie et le rachitisme chez l’enfant.

Le déficit  en zinc, quant à lui, est extrêmement rare mais peut être la cause de malformations du fœtus et de complications pour la mère (hypertension artérielle).

Enfin, le déficit en magnésium, tout aussi rare, peut être responsable d’accouchements  prématurés.

Chez la femme enceinte de plus de 40 ans, les carences en folates (vitamine B9), en magnésium, en calcium et en zinc peuvent s’associer a un risque de diabète gestationnel qui pourra être évité grâce à un apport en chrome (régulateur du métabolisme de l’insuline).

 

La femme ménopausée

 

Calcium, magnésium et vitamines du groupe B sont les déficits les plus fréquents.

Chez la femme ménopausée, les déficiences en calcium peuvent entraîner des risques accrus d’ostéoporose.

Le déficit en magnésium se traduit par des signes de fatigue et d’hyperexcitabilité musculaire.

Quant au déficit en vitamine B, il retentit sur la mémoire et sur la vitalité des ongles et des cheveux (plus cassants).

Une faible consommation de fibres dans la ration alimentaire génère de la constipation.

 

Chez toute les femmes

 

Une peau sèche traduit un manque d’AGE (acides gras essentiels) et de vitamines C et E.

La fatigue induit souvent une carence en fer et magnésium.

Des cheveux ternes et secs indiquent un déficit en vitamine B6.

 

 

 
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