Allergies médicamenteuses
Une allergie médicamenteuse est une réaction immunitaire de défense de l'organisme contre un médicament.
Il faut la dissocier de l'intolérance et des effets secondaires propres à chaque substance.
L'allergie peut être provoquée par la partie active du médicament, ou parfois par les parties non actives, telles que les excipients.
Chaque nouveau contact provoquera ensuite une réaction de défense et une réactivation de la synthèse d'anticorps.
L'allergie acquise à un médicament durera toute la vie.
Manifestation d'une allergie médicamenteuse
Les signes locaux
Les signes locaux induits par des applications de pommade ou de crèmes sont classiques : rougeurs, démangeaison, gonflement local.
Des vésicules de petite taille, voire des phlyctènes (grandes cloques) sont possibles.
Les signes locaux induits par des médicaments absorbés par voie orale sont difficiles à mettre en évidence : l'irritation du tube digestif se traduit surtout par des douleurs et une diarrhée inexpliquée.
Quand il s'agit d'une injection intramusculaire, la réaction locale se manifeste par un gonflement douloureux, s'accentuant en quelques heures, avec une forte démangeaison.
Les signes généraux
Ils se produisent à distance du point d'administration du médicament.
On distingue pour les signes cutanés :
- le rash, rougeurs fugaces de la peau s'effaçant sous le doigt.
- l'exanthème, rougeur avec sensation de brûlure ou de démangeaison intense, ressemblant à une maladie éruptive infantile comme la scarlatine.
- l'urticaire, caractérisée par des élevures en plaques de la peau et une très forte démangeaison, atteignant souvent les mêmes régions.
- le syndrome de Lyell, qui donne au malade l'aspect d'un grand brûlé, couvert de cloques qui éclatent.
C'est la forme la plus redoutable d'allergie d'expression cutanée : le pronostic est mauvais malgré les progrès de la réanimation.
Les signes circulatoires sont ceux d'un état de choc ou détresse circulatoire.
Le malade est pâle, couvert de sueur, angoissé, sa respiration haletante est rapide et superficielle, son pouls est filant et peu perceptible.
Toutes les fonctions vitales de l'organisme sont en danger, et notamment les fonctions cérébrales et rénales.
Traitement des allergies médicamenteuses
L'examen clinique et l'interrogatoire confirment rapidement l'hypothèse allergique.
Selon le dégré de gravité, le médecin peut décider d'un traitement ambulatoire, commençant habituellement par une injection immédiate au cabinet, ou une hospitalisation en réanimation si on redoute une aggravation nécessitant une surveillance.
Le traitement de la crise repose sur l'administration de corticoïdes et d'antihistaminiques, associée au traitement de la détresse circulatoire au besoin.
Quels sont les médicaments allergisants ?
Presque tous les médicaments peuvent entraîner une allergie, mais certaines classes thérapeutiques sont plus allergisantes que d'autres.
Ainsi les antibiotiques représentent la moitié des allergies médicamenteuses, et parmi eux les bêta-lactamines (pénicillines et dérivés, céphalosporines), les sulfamides et les cyclines.
Les antalgiques, avec en premier chef l'aspirine sous toutes ses formes, mais aussi la glafénine ou les anesthésiques locaux, sont également redoutables.
Deux pièges sont à connaître pour être évités :
- il existe des allergies croisées entre médicaments voisins mais de noms différents, comme les pénicillines et les céphalosporines.
- il existe des dizaines de spécialités pharmaceutiques, parfois vendues sans ordonnance, contenant des antalgiques (exemple : l'aspirine est indiquée dans la composition comme un acétylsalicylate.)
Peut-on éviter les allergies médicamenteuses ?
Il est difficile d'éviter la première réaction, dans la mesure où l'allergie n'est pas connue?
Mais par la suite, il est bon d'avoir sur soi la liste des substances, et pas seulement des spécialités pharmaceutiques, auxquelles on est allergique.
Attention
Toute réaction cutanée pendant la prise de médicaments doit évoquer une allergie et faire consulter son médecin.



