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Sérodiagnostics

serodiagnosticLorsqu'un individu est contaminé par une bactérie, un virus, un champignon ou un parasite, il met en oeuvre une série de mécanismes de défense pour se protéger. 
L'un de ses moyens est la fabrication d'anticorps circulant dans le sang où on peut les doser.
les anticorps sont spécifiques de la maladie ou du germe qui a entraîné leur synthèse.
Une absence d'anticorps signifie donc que le sujet n'a jamais été contaminé.

La présence d'anticorps peut être le témoin d'une infection récente ou la cicatrice d'une infection ancienne.
On pratique plusieurs dosages successifs pour différencier les deux situations.
Certains anticorps sont protecteurs vis-à-vis de la maladie, d'autres ne sont que le témoin des mécanismes de défense.

Quels sont les anticorps dosés?

Il existe dans le sang autant d'anticorps ou immunoglobulines (Ig) que de germes rencontrés au cours de la vie.
Selon leur nature et leurs caractéristiques, ils sont classés en IgG, IgM, IgA, IgE, IgD.
Lors d'un premier contact, l'organisme fabrique des IgM puis des IgG, d'abord en faible quantité puis à des taux importants.
Ces taux restent stables dans le sang pendant plusieurs mois avant de décroître lentement en l'absence d'une réinfection.
La mise en évidence d'anticorps, notamment IgM à un taux élevé montre une infection récente.
La présence d'anticorps à un taux faible ou moyen peut être le témoin d'une infection débutante ou une cicatrice sérologique d'infection ancienne.
Un deuxième dosage, effectué trois semaines après le premier, permet de détecter une évolution, signe d'un problème récent, ou une stabilité, signe d'un problème ancien non évolutif.
Les sérodiagnostics de toxoplasmose ou de rubéole, effectués au cours d'une surveillance de grossesse, peuvent révéler la cicatrice d'une maladie passée totalement inaperçue, ou l'absence de tout contact avec la maladie.

Comment sont mesurés les anticorps?

Le principe est celui des dilutions.
Un réactif chimique mélangé au sérum du malade provoque, par exemple, un changement de couleur en présence de l'anticorps recherché.
La dernière dilution positive donne le taux de référence.

Quand fait-on un sérodiagnostic?

Le médecin a de nombreuses raisons ou occasions de demander un sérodiagnostic.

- Pour confirmer un diagnostic suggéré par l'examen clinique sans preuve formelle : c'est le cas d'une rubéole, de certaines parasitoses digestives, d'une syphilis atypique, du SIDA.

- Pour distinguer la bonne hypthèse parmi celles fournies par l'examen clinique : par exemple une toxoplasmose et une mononucléose qui se traduisent toutes deux par des ganglions d'allure identique.

- Avant une vaccination, pour éviter de vacciner un sujet déjà protégé contre la rubéole, les oreillons ou l'hépatite par exemple.

- Pour suivre l'évolution d'une maladie et l'efficacité des traitements.

- Pour conseiller des patients non immunisés mais que l'on ne peut vacciner, comme les femmes en début de grossesse qui ne possèdent pas d'anticorps contre la rubéole ou la toxoplasmose, maladies bénignes pour la mère mais qui peuvent être dramatiques pour le foetus.

- Lors des dons du sang, pour éliminer tous les flacons susceptibles de transmettre une hépatite ou le SIDA.

Il existe en outre des observatoires de santé qui surveillent l'apparition ou l'évolution des épidémies par sérodiagnostic, comme c'est le cas pour la grippe.
Cela permet non seulement d'avertir les populations du danger qu'elles courent, mais aussi de définir avec précision les sous-types de virus actifs qui doivent entrer dans la composition des vaccins.

Comment se passe un sérodiagnostic?

C'est une banale prise de sang au niveau du coude ou de l'avant-bras.
Les résultats sont disponibles en quelques heures pour les maladies courantes quand l'analyse est effectuée directement par le laboratoire.
Certaines recherches plus rares, demandent plus de temps car les échantillons de sang doivent être envoyés dans des instituts spécialisés, comme l'Institut Alfred Fournier ou l'Institut Pasteur, seuls à posséder l'équipement et les réactifs nécessaires.
Un délai de plusieurs jours est alors possible avant d'obtenir les résultats.
Il est important de souligner que le laboratoire comme le médecin ne peuvent rendre le résultat qu'au malade lui-même, ou à son représentant légal s'il est mineur.
Il est des vérités que le malade doit apprendre lui-même, et décider seul de communiquer ou non à son entourage.

Important

Les sérodiagnostics de la rubéole et de la toxoplasmose sont obligatoires pour la mère lors des examens prénuptial et prénatal.
Ceux de la syphilis et du SIDA ne sont que conseillés.