Péridurale

 

 

L’anesthésie péridurale est une technique d’insensibilisation, qui supprime la perception de la douleur, sans que le patient soit endormi.

Un produit anesthésique est injecté à proximité de la moelle épinière, dans la région lombaire, au contact de la dure-mère, membrane qui entoure les fibres nerveuses.

Le produit inhibe  provisoirement le fonctionnement des fibres  conduisant la douleur vers le cerveau.

Toute la partie du corps située au dessous du point d’injection est alors insensibilisée.

Le patient, éveillé, peut collaborer avec le praticien.

Exceptionnellement, l’injection peut être effectuée au niveau des vertèbres lombo-sacrées. On parle alors d’anesthésie caudale.

Une technique identique est utilisée au niveau des membres supérieurs par infiltration des nerfs au niveau cervical ou axillaire.

 

Quand utilise-t-on la péridurale ?

 

Elle est utilisée chaque fois qu’une anesthésie générale n’est pas souhaitable ou s’avère impossible pour une intervention se déroulant sur le bassin ou les membres inférieurs.

C’est le cas, par exemple, de patients atteints de maladies cardiovasculaires ou d’allergies qui rendraient dangereuse une anesthésie générale.

La péridurale est de plus en plus souvent demandée ou proposée lors des accouchements. 58% des femmes en bénéficient. Si certaines femmes peuvent accoucher sans ressentir de douleurs, d’autres souhaitent une insensibilisation leur permettant quand même de participer pleinement à la naissance de leur enfant.

 

Réalisation de la périduralePéridurale

 

Après avoir vérifié qu’il n’existe aucune contre-indication, l’anesthésiste désinfecte soigneusement la peau dans la région lombaire.

Une première injection sous-cutanée de produit anesthésique crée une petite zone insensible.

Le malade est généralement assis et fait le dos le plus rond possible.

Une aiguille d’une longueur de 8 à 10 centimètres est introduite entre deux vertèbres, au niveau choisi par le médecin selon les besoins de l’intervention.

Puis une première dose de produit est injectée. L’effet anesthésiant est obtenu après quelques minutes.

Pour pouvoir réinjecter du produit sans repiquer le malade, l’aiguille est laissée en place et reliée à une tubulure (cathéter), par laquelle des doses successives peuvent être renouvelées.

Le malade est ensuite installé dans la position nécessaire à son opération.

 

Avantages et inconvénients de la péridurale

 

Dans le cas d’une intervention chirurgicale, l’avantage essentiel est d’éviter l’anesthésie générale et les risques qu’elle comporte chez certains malades.

Le produit injecté a peu d’influence sur les centres respiratoires et la circulation sanguine car la quantité de produit est moindre que dans une anesthésie générale.

Le patient est parfaitement conscient et peut répondre à tout moment aux sollicitations du chirurgien.

Dans le cas d’un accouchement, La péridurale anesthésie les nerfs situés au niveau de l’utérus, du plancher pelvien et du périnée.

La mère ne ressent aucune douleur, mais elle reste capable de ressentir les contractions et de participer efficacement à l’expulsion.

Ce confort facilite incontestablement l’accouchement chez toutes les femmes sensibles à la douleur.

Le temps de travail est habituellement raccourci et l’expulsion plus rapide, ce qui est parfois très favorable à l’enfant.

Les inconvénients sont rares en l’absence d’allergie.

Ils sont surtout d’ordre psychologique, dans la mesure où le patient conscient suit le déroulement de l’intervention.

Une bonne relation avec le chirurgien  et l’anesthésiste permet de contrôler la panique.

 

La péridurale est-elle dangereuse ?

 

Comme toute anesthésie, elle comporte quelques risques généralement mineurs : Une légère dépression des centres respiratoires ou une chute de tension facilement maîtrisables.

Le seul vrai risque, en dehors d’une allergie au produit, est celui d’une infection provoquée par la pénétration de l’aiguille.

Les précautions prises par l’anesthésiste font qu’en pratique, cet incident est très rare.

Les risques de paralysie font partie des fausses croyances, car la technique même d’injection rend quasiment impossible un accident de ce type.

Toutefois, après une anesthésie péridurale, il est impératif de rester allongé pendant 24 heures, comme après une simple ponction lombaire, sous peine de ressentir des céphalées intenses et impossibles à soulager.

 

Attention !

 

L’allergie au produit anesthésique est la seule contre-indication absolue à la péridurale.

Signalez tout antécédent allergique à votre anesthésiste, même apparemment sans importance ou sans rapport avec l’intervention.

Il existe également quelques rares contre-indications comme les troubles de la coagulation. Dans ce cas, la péridurale est susceptible de provoquer l’apparition d’hématomes qui compriment les terminaisons nerveuses et risquent d’entraîner des complications neurologiques.

Certaines fièvres liées à des infections constituent également des contre-indications, mais ce n’est pas systématique. Les médecins anesthésistes agissent alors au cas par cas.

 

Faut-il accoucher sous péridurale ?

 

Le débat est largement ouvert entre partisans et opposants. Les femmes qui ont vécu cette expérience en ont généralement gardé un excellent souvenir et sont prêtes, dans l’immense majorité des cas, à la renouveler.

D’autres ont peur de perdre une partie de leurs sensations et de prendre un risque inutile.

Le corps médical lui-même, obstétriciens et sage-femmes, reste divisé entre les deux tendances.

Le bilan actuel plaide en faveur de la péridurale pour les femmes qui le souhaitent, en accord avec une équipe obstétricale compétente et  convaincue.

Mais il appartient à chacune de se déterminer en fonction de critères personnels :

susceptibilité à la douleur, peur de l’anesthésie, voire croyance religieuse ou philosophique.

 

Les pompes à auto-injection

 

Elles sont utilisées dans le cadre de l’accouchement et reposent sur un principe simple : Une poire que les futures mamans utilisent dès qu’elles en ressentent le besoin.

Le produit est alors diffusé à travers un cathéter.

Un système de sécurité évite de s’injecter des doses excessives.

Cette technique permet une autogestion de la douleur.

Mais cette méthode n’est pas très développée dans les maternités françaises.

Cela devrait changer dans les années à venir.

 

La péridurale déambulatoire

 

Elle est rarement pratiquée en raison de sa complexité d’organisation et de son coût élevé.

Faiblement dosée, elle permet aux futures mamans de se lever, après l’installation du cathéter, et même sous certaines conditions, de sortir de la maternité.

La position debout facilite sans doute la descente du bébé.

La sage-femme surveille les contractions et le rythme  cardiaque du bébé grâce à un capteur télémétrique (sans fil) posé sur le ventre.

 

Péridurale, césarienne et forceps

 

Lors des premières péridurales, les produits étaient plus fortement dosés.

Les gynécologues–obstétriciens étaient parfois contraints de recourir à une césarienne ou d’utiliser les forceps car la future mère était incapable de pousser de manière efficace.

Mais ce n’est plus le cas actuellement.

Le dosage des anesthésiques locaux est beaucoup plus faible.

 

Indications médicales particulières

 

La péridurale est bénéfique lorsque la future maman souffre de certains problèmes cardiaques, d’asthme ou encore d’hypertension.

Elle évite bien souvent des poussées qui peuvent être déclenchées par de fortes douleurs.

 

 
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