vendredi 17 février 2012

Ration de la grossesse

ration-grossesse7La grossesse et l'allaitement sont deux périodes de la vie pendant lesquelles les besoins alimentaires sont modifiés.
L'alimentation de la mère doit continuer à couvrir ses propres besoins, mais assurer aussi ceux de son bébé.
Les besoins en calories représentent la somme du coût du bébé -construction des tissus et dépenses énergétiques du foetus- et des réserves obligatoires constituées pour l'allaitement.

Pour une grossesse normale, ce coût est de 80 000 kcal. La diminution de l'activité physique de la deuxième moitié de la gestation et la meilleure assimilation des aliments font économiser 40 000 kcal.
Le coût réel d'une grossesse normale est donc de 40 000 kcal, répartis sur 270 jours, soit une moyenne de 150 kcal par jour.
Cela représente 7 % de la ration normale d'une femme adulte.
Les besoins en protéines sont de 625 grammes pour le foetus et le placenta, et de 950 grammes de réserves obligatoires pour l'allaitement.
Du fait de la meilleure assimilation, le coût en protéines d'une grossesse normale est d'environ 900 à 1000 grammes, soit moins de 4 grammes par jour.
Comme les rations alimentaires en Occident sont largement excédentaires en protéines, tous les experts s'accordent pour dire qu'aucun supplément protéique n'est nécessaire chez une femme normalement  nourrie en France.

Les besoins en vitamines sont très discutés.
Largement couverts pour la plupart d'entre eux, la tendance actuelle est de conseiller un supplément en acide folique à titre préventif contre l'anémie.

Les besoins en sels minéraux sont nettement augmentés et la grossesse peut révéler un déficit pré-existant.
Ainsi les besoins en calcium et en phosphore pendant les cinq derniers mois justifient un supplément de lait ou de produits laitiers.
Il en va de même pour le fer, car la grossesse révèle de nombreuses carences jusque-là bien tolérées.
Les dosages sanguins permettent au médecin de prescrire du fer sous forme de médicament si nécessaire.

Les risques d'une mauvaise alimentation

La malnutrition maternelle entraîne un poids de naissance plus faible pour l'enfant.
Les carences en calcium et phosphore provoquent des déminéralisations osseuses qui touchent davantage la mère que l'enfant.

La suralimentation maternelle entraîne un poids de naissance plus élevé, et des risques de difficultés à l'accouchement.
De plus les réserves excessives de la mère seront difficiles à perdre, surtout si elle n'allaite pas.
Quant à l'enfant, un trop grand surpoids à la naissance peut être l'amorce d'une obésité constitutionnelle, irréductible.

produits-laitiersEquilibrer son alimentation

Pendant les trois premiers mois, il n'y a aucun besoin supplémentaire : c'est le moment idéal pour réajuster une alimentation désordonnée en adoptant un régime varié et équilibré, bien réparti entre les trois repas.

A partir du 2e trimestre, un supplément de 10 %  de la ration initiale équilibrée est justifié.
Si la ration de base était déjà élevée (plus de 2 200 Kcal / jour), ce supplément est inutile.

Le meilleur supplément est représenté par un bol de lait ou un laitage par jour : cela correspond exactement aux besoins.

Il ne faut en aucun cas manger pour deux mais manger deux fois mieux.

La satisfaction des "envies", purement psychologiques, ne doit jamais déséquilibrer la ration.
Le plus difficile est parfois de résister aux pressions de l'entourage familial et surtout des futures grands-mères!

L'équilibre alimentaire des derniers mois de la grossesse détermine en grande partie la santé du futur bébé.
Cette période est idéale pour corriger des habitudes alimentaires erronnées.