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Gonococcie

gonococcie5La gonococcie est la plus ancienne et la plus répandue des maladies sexuellement transmissibles(MST).
Elle est surtout connue pour sa forme la plus fréquente et la plus identifiable, l'urétrite gonococcique ou blennorragie.
Mais il existe d'autres formes d'infection qui font de la gonococcie une maladie complexe.

Causes de la gonococcie

La responsable de cette maladie est une bactérie, le Neisseria gonorrhoea, découverte en 1879 par Neisser.
La transmission entre adultes se fait presque exclusivement par les rapports sexuels, la transmission indirecte par objets de toilette est exceptionnelle.
Elle peut parfois expliquer des cas de gonococcie vulvaire chez la petite fille qui aurait emprunté une serviette à l'un de ses parents.
En revanche, le mythe de la contamination par l'usage de toilettes publiques ou par du linge d'hôtel doit être farouchement combattu, car il ne correspond à aucune réalité.

Les différentes formes de la gonococcie

L'urétrite

Il s'agit d'une infection de l'urètre, canal qui va de la vessie au méat urinaire externe. C'est la plus fréquente.

gonococcieLes infections génitales chez l'homme

Une urétrite négligée ou mal traitée chez l'homme peut se compliquer d'infections à distance de l'appareil génital.
L'orchi-épididymite est une infection du testicule et de l'épididyme avec fièvre, douleur intense qui gêne la marche et la station debout.
Les bourses, ou scrotum, sont gonflées, chaudes, douloureuses.
La stérilité par destruction des spermatozoïdes survient dans presque tous les cas.
La prostatite est une infection de la prostate qui peut prendre une forme aiguë ou chronique.
Fièvre, douleur du petit bassin qui gêne la marche, mictions et défécations douloureuses en sont les premiers symptômes.
Elle peut être associée à une infection des glandes de Cowper, ou des vésicules séminales, organes de l'appareil génital masculin.

Infections génitales chez la femme

La vaginite, ou infection du vagin, est aussi fréquente que l'urétrite, souvent associée à des lésions du col de l'utérus.
Les signes sont souvent limités à un écoulement de pertes blanches, une gêne un peu douloureuse au moment des rapports suivis de discrètes pertes rosées.
L'évolution la plus redoutable est l'extension vers le reste de l'appareil génital.
La salpingite ou infection des trompes de Fallope peut donner, dans sa forme aiguë, un abcès susceptible de se rompre dans l'abdomen et d'entraîner une péritonite.
Elle s'accompagne de fièvre et de douleurs abdominales violentes.
La forme chronique, qui ne peut donner aucun signe, est responsable de destruction des trompes et de l'immense majorité des cas de stérilité dite tubaire.
L'infection des glandes de Bartholin, ou bartholinite, donne un abcès douloureux situé sur la grande lèvre vulvaire.

Les infections pharyngées

L'infection des amygdales et du pharynx par le gonocoque n'est pas rare, puisqu'elle représente entre 5 et 6 % des gonococcies.
Elle donne une angine, un abcès amygdalien ou une pharyngite aiguë.
C'est évidemment la nature des rapports sexuels qui détermine le siège de l'infection.

Les infections anales

L'infection de l'anus et du rectum, liée aux pratiques sexuelles plus qu'à une complication d'urétrite, est fréquente.
Elle est responsable de douleurs, d'écoulements purulents, de défécations douloureuses.

L'atteinte articulaire

Les germes transportés par le sang se développent dans une ou plusieurs articulations qu'ils rendent douloureuses ou gonflées, chaudes.
Toutes les articulations peuvent être touchées mais les poignets, les genoux, la cheville, les doigts le sont plus souvent.

L'atteint cutanée

Elle est consécutive à une dissémination du germe par le sang, elle se présente sous forme de pustules, de clous ou de plaques cornées.
Presque exclusivement féminines, ces lésions sont dues à l'absence de traitement d'une lésion génitale muette.

L'atteinte oculaire

La conjonctivite gonococcique survient chez l'adulte par contact avec les doigts porteurs de germes.
Chez le nouveau-né la conjonctivite néonatale fut la grande pourvoyeuse de cécité juqu'à l'instillation systématique de collyres nitrates d'abord, puis d'antibiotiques.
Elle se voit encore dans les milieux et pays défavorisés, quand l'accouchement échappe au milieu médical.

Les autres atteintes

Il existe de rares atteintes de l'endocarde, des valvules cardiaques du péricarde, de la plèvre ou des méninges.

traitement

Le diagnostic du médecin repose sur l'isolement des germes dans différents prélèvements qu'il effectue.
Le traitement des formes atypiques fait appel aux antibiotiques à fortes doses, dont la pénicilline reste le chef de file très actif mais pas unique.
Il doit s'adresser au malade et à tous ses partenaires.
La chirurgie est parfois nécessaire pour évacuer un abcès.