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Le diabète du sujet âgé

diabte-sujet-ageLe diabète n'est pas une maladie spécifique du sujet âgé mais il pose alors des problèmes différents de ceux de l'adulte plus jeune.

Généralités

Défini comme l'élévation anormale du taux de sucre dans le sang, le diabète est le signe d'une mauvaise utilisation des glucides ; cette élévation dépend de causes variables.
Il faut savoir que le taux de sucre dans le sang augmente régulièrement au cours de la vie.

 

Un niveau de 1.40 g/l à jeun est très anormal chez l'adulte jeune, mais normal au-delà de 75 ans.
Le traitement est alors inutile, voire dangereux car il déséquilibre l'organisme.
Le diabète de type II, appelé aussi non-insulino-dépendant, est le plus fréquent entre 60 et 80 ans.
Il est presque toujours associé à un excès de poids et à une ration alimentaire globalement trop riche.
Contrairement à beaucoup de croyances, la consommation directe de sucres influence peu la maladie.
Le traitement repose avant tout sur le régime et l'amaigrissement, mais on utilise largement les médicaments par voie orale, sulfamides ou biguanides, pour faire baisser le taux de sucre dans le sang.
Le diabète de type I, appelé aussi insulino-dépendant ou nécessitant, se déclare rarement après 60 ans.
Sans rapport avec l'obésité, le diabète insulino-dépendant peut être déclenché par une maladie virale ou une lésion du pancréas, parfois opérée.
Le traitement repose sur l'injection régulière d'insuline et sur la régularité des repas.

Aspects spécifiques

Le diabète du sujet âgé se révèle parfois par un malaise ou un coma initial.
Une infection, une maladie, ou une déshydratation déséquilibrent un état jusque-là bien supporté et ignoré.
Il n'est pas rare de voir un diabète de type II traité par des comprimés depuis des années s'aggraver et imposer une injection quotidienne d'insuline.
Dans d'autres cas, le taux de sucre, parfaitement normal une grande partie de la journée, monte en flèche pendant la période de digestion avant de redescendre.
Dans les deux cas, le pancréas, qui fabrique et libère l'insuline dans le sang, apparaît comme épuisé et incapable de faire face aux besoins accrus lors d'un repas, alors qu'il est encore assez actif en dehors de cette période.
D'autres maladies s'accompagnent d'une élévation du taux de sucre dans le sang sans que l'insuline puisse agir.
Certains déficits circulatoires cérébraux sont responsables d'un taux de sucre trop élevé en permanence ou très variable d'un jour à l'autre.
Un état de déshydratation augmente énormément le taux de sucre même sans apport alimentaire.

Les complications

Le grand âge est celui des complications d'un diabète souvent apparu quinze à vingt ans plus tôt.
Les plus fréquentes sont les atteintes du rein ou néphropathies, les atteintes oculaires dont la cataracte, le glaucome et la dégénérescence de la rétine qui conduit à la cécité, les artérites et les micro-atteintes vasculaires disséminées, les atteintes des nerfs et une sensibilité accrue aux infections.
Ces complications n'ont pas le temps de se développer quand la maladie apparaît très tardivement.
Le plus important est que ces complications pourraient être évitées ou retardées si le traitement du diabète était rigoureusement suivi dès son apparition chez l'adulte jeune.
Chez l'obèse, la perte de poids est la meilleure garantie à long terme, car il n'est pas prouvé que les antidiabétiques par voie orale soient une réelle protection contre les complications tardives.
C'est à quarante ou cinquante ans qu'il faut éviter les complications invalidantes du diabète.

Aspects particuliers du traitement

Il est banal que des sujets âgés qui présentent un taux de sucre un peu élevé ne reçoivent aucun traitement.
Lorsqu'un traitement est nécessaire, le médecin dispose du même choix que chez l'adulte jeune : régime, médicaments oraux et insuline selon les résultats des examens pratiqués.
Mais il doit tenir compte des autres maladies associées, notamment les troubles vasculaires et cérébraux : il existe des interactions médicamenteuses entre les antidiabétiques et de nombreux produits dont la banale aspirine.
Les possibilités de participation du patient à son traitement sont importantes à mesurer : une erreur dans la prise des comprimés peut avoir des conséquences dramatiques.
De même, les injections d'insuline à domicile sont confiées à une infirmière quand les troubles visuels ou neurologiques empêchent le malade de mesurer exactement la dose infectée.
le vieillard est très vulnérable aux accidents en rapport avec le traitement : le respect scrupuleux des prescriptions est impératif.
Le rythme et la composition des repas doivent être rigoureusement respectés pour éviter le coma hypoglycémique.

Quelques repères pour réfléchir

- Un taux de sucre élevé ne signifie pas forcément diabète, surtout chez la personne âgée.
- Le traitement doit apporter plus de bénéfices que de risques pour être entrepris.
- C'est avant que les complications d'un diabète surviennent qu'il faut les éviter. Après, il est trop tard.