Le sport après 60 ans
Peut-on faire du sport après 60 ans?
L'âge n'est pas incompatible avec la pratique sportive.
Nombreux sont les plus de 60 ans qui marchent, nagent, roulent, skient, jouent au golf ou au tennis, lancent la boule ou pratiquent la gymnastique.
Les facteurs limitant la pratique sportive induits par l'âge ne sont incompatibles qu'avec la notion de compétition.
On ne pratique plus pour gagner contre les autres mais pour freiner le recul de ses propres limites.
Le sport permet d'entretenir sa forme physique, de garder un coeur suffisamment puissant pour produire un effort (plus modéré qu'auparavant), de préserver ses qualités musculaires.
Plus encore, on pratique un sport parce qu'on l'aime, pour se faire plaisir.
Les limites liées à l'âge
Le coeur
Les modifications cardiaques portent avant tout sur la capacité d'adaptation à l'effort.
Un effort physique accélère la fréquence cardiaque pour élever le débit sanguin et compenser la dépense tissulaire d'oxygène.
Plus on vieillit, plus l'accélération est limitée.
En théorie, la fréquence maximale n'est plus que de 160 pulsations par minute vers 60 ans pour un coeur en bon état.
Il est pourtant recommandé de ne pas soutenir très longtemps ce maximum, la fréquence de sécurité se situant entre 130 et 140 pulsations par minute.
Les vaisseaux
Ils durcissent peu à peu au cours de la vie.
Moins élastiques, ils s'adaptent mal à un débit accru par l'effort et alimentent moins bien les muscles en sucre et en oxygène.
La puissance et la résistance physique en sont diminués.
Les muscles
La proportion de fibres musculaires rapides diminue dès la fin de l'adolescence, ce qui limite la compétition bien avant l'âge de 60 ans.
C'est également tout la masse musculaire qui diminue, plus ou moins vite selon que l'entraînement est régulier ou non.
Le travail que fournissent des muscles de 60 ans n'est, au mieux, égal qu'à la moité de celui qu'ils fournissent à 20 ans.
Les articulations
Le vieillissement entraîne une perte de souplesse des articulations qui supportent mal les gestes de grande amplitude.
Plus fragiles, elles souffrent plus vite, des microtraumatismes répétés, au golf ou au tennis notamment.
Choisir un sport
On doit tenir compte de différents facteurs pour choisir un sport après 60 ans.
Il est illusoire de prétendre pratiquer des sports à haute exigence cardiaque, ou des activités qui sollicitent trop le squelette ou nécessitent un apprentissage technique risqué.
Les meilleurs sports sollicitent le coeur de manière douce et progressive. Ils entretiennent un tonus musculaire et une souplesse articulaire corrects.
Ce sont, par exemple, la marche, le golf, la natation, la gymnastique d'étirement et d'assouplissement, le jeu de boules.
Si on les pratiquait déjà, le tennis, le ski, le vélo, l'escrime peuvent être poursuivis assez longtemps.
Dans tous les cas, le choix d'un sport doit être adapté aux possibilités physiques réelles.
Il ne doit jamais entraîner de douleurs thoraciques ou musculaires, ni mettre en situation de dépasser ses limites.
Quels bienfaits peut-on attendre du sport?
A tout âge, on peut tirer bénéfice de l'activité physique.
De jeunes retraités trouvent dans le sport un prolongement à la vie active.
D'autres plus âgés, y trouvent un moyen de conserver leur souplesse ou leur mobilité et l'occasion de rompre la solitude.
Des séances de gymnastique douce sont proposées dans de nombreux cercles d'anciens ou lieux d'hébergement.
L'encadrement de professeurs qualifiés permet à chaque personne âgée de pratiquer les exercices adaptés à sa condition physique.
Il existe aussi des organismes qui proposent des randonnées de duré et de difficulté variables pour que chacun puisse participer.
Le bénéfice est alors autant physique que moral : pratiquer une activité collective procure un grand plaisir.
La peur du ridicule ou de la nouveauté, la pudeur sont des freins qui empêchent encore trop de personnes âgées de participer aux activités sportives.
Quels précautions faut-il prendre?
Toutes les personnes autonomes peuvent pratiquer une activité physique adaptée et modérée, tout en respectant d'éventuelles contre-indications.
Il faut donc, avant de se lancer dans la pratique d'un sport, en parler avec son médecin traitant.
Il connaît les capacités et les faiblesses physiques de son patient.
Le médecin donnera de précieux conseils sur les choix, les limites et les petites précautions utiles.
L'examen clinique ainsi que divers contrôles-dont une épreuve de Holter (enregistrement continu sur 24 heures) tensionnelle et / ou cardiaque, une exploration fonctionnelle respiratoire et, le plus souvent, une épreuve d'effort-ont pour but de vérifier l'absence de contre-indications.
Ce bilan permet en outre de préciser la nature des exercices les plus bénéfiques.



