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Les voyages du troisième âge

voyage-personne-agee2L'âge n'est jamais, à lui seul, une contre-indication au voyage et toute ségrégation fondée sur ce critère isolé serait une injustice arbitraire et cruelle.
C'est l'état de santé, éventuellement confirmé par un examen général, qui détermine la capacité à effectuer un voyage, et qui établit les limites et les précautions à prendre.
Il faut supporter l'immobilité prolongée dans un moyen de transport, surmonter ses angoisses en avion, subir des écarts de température parfois brutaux, avoir une autonomie suffisante (avec l'aide éventuelle d'accompagnateurs pour les malades handicapés) pendant le séjour.

Il n'est ni plus difficile ni plus risqué pour la santé d'une personne âgée de visister l'Andalousie que d'aller prier à Lourdes.
Il existe d'ailleurs de nombreux séjours adaptés à une clientèle âgée dans les catalogues des agences de voyage.

Des précautions à prendre

Le choix du voyage

Il dépend de l'aptitude à supporter la chaleur, le soleil, les déplacements sur des routes difficiles, le dépaysement qui entraîne la perte des repères quotidiens.
Le train et le voyage en groupe encadré sont plus sécurisants, de même que le choix d'une destination dans un pays européen ou francophone.
Les séjours individuels ne posent cependant aucun problème à ceux qui préfèrent cette formule.

La préparation du voyage

Le mieux est d'en parler avec son médecin traitant.
Il prescrit les quantités de médicaments habituels nécessaires pour la durée du voyage et y ajoute les médicaments de précaution contre le mal des transports, la diarrhée, les jambes gonflées en avion ou les risques spécifiques locaux.
Il indique également les précautions particulières à prendre ou les excursions à éviter en fonction de l'état général.
La trousse de pharmacie comprend les médicaments habituels ou de précaution et le petit matériel de pansement pour les plaies, les ampoules et les brûlures solaires.

Les vaccinations

Elles doivent être parfaitement à jour.
Ni l'âge ni les petits problèmes qui l'accompagnent ne sont une contre-indication aux vaccins.
Les maladies graves qui pourraient interdire une vaccination sont en règle générale incompatibles avec un séjour à risques.

En avion

Le risque de mort subite est extrêmement faible et comparable à celui de la vie courante.
Un examen cardiaque de sécurité reste parfois conseillé.
Les porteurs de maladies pulmonaires doivent également vérifier si la légère baisse de pression dans la cabine de l'avion leur est supportable ou non.
Les conséquences de l'immobilité pendant le trajet peuvent être limitées en ne restant pas assis des heures durant, en prenant avant de partir des médicaments pour la circulation veineuse, en portant des bas de contention, des vêtements et des chaussures larges.
Les accidents veineux comme les phlébites sont rares, mais peuvent apparaître après l'atterrissage, sous forme notamment d'embolie pulmonaire.
S'il existe des facteurs prédisposants comme des varices sévères ou des antécédents, le médecin injecte à son patient, avant le départ, un produit anticoagulant qui protège complètement contre ce risque.

Pendant le séjour

Des troubles du comportement liés à la perte des repères, peuvent survenir.
Dans un voyage en groupe, ils entraînent rarement l'interruption du séjour car, avec l'aide des accompagnateurs, ils régressent spontanément après une brève phase d'adaptation.
Le risque est un peu plus élevé pour des séjours individuels.
La diarrhée du voyageur menace aussi les personnes âgées.
Le traitement associe une diète avec des boissons sucrées en abondance, des gélifiants ou pansements intestinaux et du riz très cuit pendant 48 heures.
Les anti-diarrhéiques symptomatiques ne sont utiles qu'à titre de confort, lors d'un transport en car, par exemple.
Les antibiotiques ne sont nécessaires que si la diarrhée persiste plus de 48 heures.
La déshydratation est le risque le plus sévère chez les personnes âgées, qui ont déjà tendance à boire moins que leurs besoins.
Ce risque est accentué par la chaleur, les difficultés à s'approvisionner en eau et l'absence des boissons habituelles.
Une seule précaution, un seul remède : boire avant d'avoir soif.
La fatigue du voyage est accentuée par le décalage horaire.
La prise préventive de mélatonine (médicament spécifique pour lutter contre les effets du décalage horaire) est efficace.
La méthode la plus simple reste de prévoir un temps de repos et d'adaptation avant d'entreprendre des activités ou des excursions, tout en adoptant immédiatement les horaires locaux pour les repas et le sommeil.
Les autres précautions sont les mêmes que pour les adultes.

Quelques repères pour réfléchir

Voyager est un remède souverain contre l'isolement et l'ennui.
L'âge n'est jamais un obstacle quand l'état de santé général est bon.
Des millions de personnes âgée découvrent le monde chaque année sans problèmes.
Le soleil et la lumière soulagent beaucoup de maux et améliorent les états dépressifs.