SIDA
Qu'est-ce que le SIDA?
Le SIDA, initiales de "Syndrome d'Immuno-Déficience Acquise, (AIDS en anglais) est un ensemble de manifestations qui traduisent l'affaiblissement du système immunitaire détruit par un rétrovirus.
Il existe des déficiences immunitaires congénitales sans rapport avec le SIDA.
Quand le système immunitaire est affaibli, l'organisme est exposé à de nombreuses infections virales, bactériennes, mycosiques (champignons), parasitaires et à certains cancers.
Le virus du SIDA
Le virus du SIDA est appelé VIH (ou HIV en anglais); on en connait au moins deux types, très voisins.
Comme tous les virus, le VIH ne peut vivre qu'à l'intérieur d'une cellule.
Il attaque en priorité les lymphocytes T4, l'un des chefs d'orchestre des défenses immunitaires.
Il neutralise ainsi les défenses avant qu'elle aient pu agir.
Quand un VIH a pénétré dans un lymphocyte et qu'il a parasité son code génétique, il peut rester dormant ou devenir actif.
Il se multiplie alors et va envahir d'autres lymphocytes : les défenses de l'organisme sont très affaiblies et la maladie apparaît.
Comment se transmet le virus du SIDA?
Le virus se trouve surtout dans le sang, le sperme et les sécrétions vaginales. Il existe donc quatre modes majeurs de contamination :
- Les rapports homo ou hétérosexuels y compris les pratiques buccales ; la muqueuse anale étant plus fragile, les rapports anaux sont relativement plus dangereux.
- Le partage d'aiguilles et de seringues qui ne concerne en Europe que les toxicomanes (population la plus touchée par le SIDA) car les médecins, dentistes et infirmières ont l'obligation d'utiliser du matériel à usage unique ou parfaitement stérilisé à l'autoclave.
- La transmission de la mère malade au foetus qui touche entre 50 et 60 % des bébés des patientes séropositives.
- La transfusion sanguine et l'injection d'extraits sanguins ont provoqué de nombreux drames avant la généralisation du dépistage.
Ils continuent à faire courir un risque infime mais réel si le donneur est contaminé depuis trop peu de temps pour donner des réactions positives au dépistage : ces extraits subissent maintenant un chauffage protecteur.
En revanche, il n'y a pas de contamination possible par le baiser sur la joue (le risque du baiser amoureux est théorique mais non prouvé), par les moustiques, par les animaux domestiques, par les objets de cuisine ou de toilette, par l'eau du bain ou des piscines, par la poignée de mains, les toilettes, l'atmosphère des lieux de travail ou de transport en commun, ni par le don du sang (le matériel est à usage unique strict).
Les actes de la vie courante ne peuvent donc jamais être une source de contamination.
De même les rasoirs, ciseaux, instruments de manucure ou de pédicure, les perçoirs à oreilles, les instruments de tatouage, d'acupuncture ou de mésothérapie ne sont pas dangereux si des précautions de stérilisation sont prises.
Quels sont les groupes exposées?
Les homosexuels et bisexuels ont été les premières victimes en Europe, mais les hétérosexuels représentent la totalité des cas dans le reste du monde.
Il s'agit donc plutôt d'une coïncidence liée aux premiers cas et aux habitudes des personnes de ce groupe.
Les toxicomanes sont très exposés puisque dans les prisons parisiennes 70% des drogués seraient atteints.
Les prostituées et habitués à des partenaires multiples, connus sous le nom de vagabonds sexuels, sont également plus exposés à rencontrer le virus.
C'est le cas dans de nombreux pays du Tiers-Monde où les moeurs, les comportements conduisent souvent à des rapports multiples dans un but souvent alimentaire.
Les partenaires de tous les sujets exposés sont eux-mêmes exposés.
Les hémophiles et receveurs de dons du sang sont aujourd'hui bien protégés, mais ils ont payé un lourd tribut à l'absence de dépistage avant 1985.
Seulement 3 à 4 % des sujets atteints n'appartiennent pas à un groupe à risques.
Quel est l'importance de l'épidémie?
Elle prend des proportions catastrophiques dans de nombreux pays du Tiers-Monde, notamment en Afrique Centrale et Orientale.
Elle est inquiétante en Europe, où la majorité des pays se situent entre 22 et 70 cas par million d'habitants.
En France, malgré des estimations très alarmistes, il semble que la réalité se situe un peu en dessous de 100 000 séropositifs pour environ 20 000 cas déclarés.
Les signes du SIDA
Le SIDA est une infection qui se déroule en trois phases.
La primo-infection qui dure de deux semaines à six mois se traduit parfois par un peu de fièvre, le plus souvent sans aucun signe.
Le sujet est faiblement mais certainement contagieux.
Puis le sujet commence à fabriquer des anticorps anti-SIDA que l'on va retrouver dans le sérum de son sang ; on dit qu'il est séropositif.
Il est contagieux.
Après une période muette que l'on a crut très longue mais qui dure en moyenne moins de cinq ans, les premiers signes de déficience immunitaire apparaissent : la maladie se développe.
Pendant toute la deuxième phase, il n'y a pas d'autres signes que la séropositivité à l'examen sanguin au laboratoire.
Les signes de la troisième phase débutante ne sont pas spécifiques, mais ils ont un caractère persistant et inexpliqués qui doit attirer l'attention :
- Une augmentation de volume des ganglions à plusieurs endroits du corps pendant plus de trois mois.
- Une perte de poids inexpliquée.
- Une fièvre et des sueurs noctures.
- Des formes disséminées d'herpès cutané (boutons de fièvre, petites vésicules d'eau posées sur la peau).
- Un muguet buccal dû à la prolifération d'un champignon de type Candida.
Les formes graves se développent ensuite, ou plus rarement d'emblée, avec des infections dites opportunistes et certains cancers.
Les infections opportunistes sont le développement de virus, de bactéries, de champignons ou de parasites dans :
- Les poumons (toux prolongée).
- Le tube digestif (diarrhée chronique inexpliquée).
- Le cerveau (méningite, troubles psychiques, paralysies).
- La peau (herpès).
L'état général est altéré : on observe amaigrissement et fatigue intense.
Les cancers sont surtout des sarcomes de Kaposi : plaques et nodules colorés sur la peau, les ganglions, les viscères et les poumons.
On voit aussi des lymphomes, tumeurs des ganglions lymphatiques.
La durée de vie moyenne est alors de deux ans.
Traitement
Il n'existe actuellement aucun vaccin permettant de se protéger du virus et les traitements antiviraux disponibles actuellement ne permettent aucune guérison.
Bien qu'ayant une certaine efficacité, ils ne peuvent que retarder la venue du stade "SIDA", en ralentissant la prolifération du VIH au sein de l'organisme.
De plus, ces thérapies sont coûteuses et ne sont donc accessibles que dans les pays développés qui peuvent assurer la charge financière. Dans les pays en développement, plus de 95% des patients ne bénéficient aujourd'hui d'aucun traitement efficace.
C'est pour cette raison que l'ONU, à travers son programme ONUSIDA, a fait de la lutte contre le SIDA une des ses priorités.
Sida et grossesse
Le risque élevé de transmission entre la mère et l'enfant (plus d'une fois sur deux) fait déconseiller la grossesse à toute femme séropositive car l'enfant contaminé est condamné à court terme.
Toutefois la grossesse n'aggrave pas le risque pour la mère.
Comment faire le test du SIDA?
Le dépistage sanguin du SIDA n'est effectué que dans un but diagnostique ou préventif chez les donneurs de sang : le test est alors gratuit.
Mais tout le monde peut demander à son médecin la prescription d'un test de dépistage à l'occasion d'une visite médicale.
Un certificat prénuptial, un début de grossesse sont d'excellentes occasions.
Une simple prise de sang renouvelée six mois après un rapport suspect permet d'acquérir des certitudes.
Contrairement à une réaction encore trop fréquente, savoir qu'on est séropositif n'est pas un handicap : c'est une chance.
Elle permet d'éviter une évolution trop rapide de la maladie, de bénéficier d'une surveillance accrue et peut-être de reçevoir les premiers traitements actifs.
Elle permet surtout de ne pas contaminer les partenaires, de ne pas condamner à leur tour des gens que l'on aime.
L'ignorance de la maladie n'est pas l'absence de maladie, c'est un danger de mort pour les autres.
Où se faire dépister?
En France
- Dans les centres de dépistage anonyme et gratuit CDAG.
- Dans les hôpitaux ( Centres de Planification, Centre de la femme, etc.).
- Dans les centres de santé universitaires (pour les étudiants).
- Dans les laboratoires de ville. Le test est remboursé à 100% sur prescription médicale.
Comment éviter le SIDA?
Une pandémie s'est développée à partir de la fin des années 70 faisant du SIDA un problème sanitaire mondial.
Le port du préservatif pour des rapports occasionnels est fondamental, avec le dépistage des porteurs.
La lutte contre la toxicomanie et les changements de comportements sexuels sont plus difficiles à mettre en oeuvre.



