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Onychomycoses

onychomycosesL’onychomycose est une maladie contagieuse due à une contamination par un champignon microscopique.

C’est la plus commune des maladies de l’ongle et elle touche toutes les classes d’âge.

 

 

Onycho = ongles et mycose = champignon microscopique.

Cette infection, commune chez l’adulte, jeune est très fréquente chez le sujet âgé.

Jusqu’à 3 adultes sur 10 entre 40 et 60 ans ont un ou des ongles infectés par un champignon.

Elle touche aussi bien les hommes que les femmes.

5 millions de personnes sont atteintes. 

Seulement un quart sont prises en charge par un traitement.

La fréquence de l’onychomycose augmente, d’autant que cette maladie est contagieuse.

Elle peut être transmise à un membre de la famille (conjoint, enfants) mais aussi aux personnes qui, par leurs activités professionnelles ou sportives sont amenées à fréquenter les mêmes lieues que la personne infectée (vestiaires, douches…)

Les ongles des orteils sont sept fois plus souvent infectés que ceux des doigts.

La sensibilité à cette contagion varie d’un individu à l’autre.

Certaines professions sont plus prédisposées que d’autres : il s’agit des professions nécessitant le port de chaussures particulières comme les baskets, les bottes,…

En effet, la chaleur et l’humidité sont les deux premiers facteurs ennemis des ongles.

Suivent les traumatismes (ongles abîmés…) et le tabac.

Souvent à tort, un lien est fait entre une mauvaise hygiène et l’infection par un champignon.

Or ce n’est pas le cas.

Les douches (collectives dans les salles de sports) peuvent même être un facteur favorisant.

Il ne s’agit pas d’hygiène mais d’une dissémination possible d’abord d’orteil à orteil et ensuite, de personne à personne si chacun ne prend pas le soin de traiter l’infection.

La plupart des personnes confrontées à l’onychomycose consultent tardivement à un moment où tout l’ongle est atteint.

Il apparaît que l’information du grand public sur l’onychomycose est encore insuffisante.

Plus la consultation est tardive, plus le champignon à des risques de disséminer aux autres orteils du même pied, à l’autre pied, ou sur une autre partie du corps (par exemple dans les plis de l’aine) mais aussi aux autres membres de la famille et à l’entourage au sens large.

D’où l’importance de surveiller régulièrement ses pieds et à demander un avis spécialisé au moindre doute.

Origine des onychomycoses

Il existe trois sortes de champignons et des localisations préférentielles.

On distingue 3 grandes familles :

Les dermatophytes

Trichophyton rubrum

 

 

Dans plus de 90 % des cas leur prédomination se situe au niveau des pieds.

Il s’agit essentiellement de Trichophyton rubrum (jusqu’à 85 %) et de Trichophyton mentagrophytes variété interdigitale (25 %).

 

 Les levures du genre Candida

Candida Albicans

 

 

Elles sont beaucoup plus fréquentes au niveau des mains.

 

 

 

Les moisissures

Elles sont rares (< 10 %) et peuvent se localiser aussi bien au niveau des mains que des pieds.

Les facteurs favorisants

Il est important de les connaître car certains peuvent être facilement évités :

Les mains

  • port prolongé de gants.
  • Microtraumatismes répétés (jardinage…).
  • Utilisation manuelle excessive de détergent (lessive et autres produits corrosifs).
  • Manipulation de produits sucrés (bonbons, pâtisseries).
  • Professions exposées (coiffeur, manucure, podologue…).

Les pieds

  • Microtraumatismes répétés de l’ongle ou des pieds (détergents, contacts fréquents avec l’eau).
  • Port de chaussures ou de bottes fermées (mineurs, militaires …).
  • Chaussettes en tissus synthétiques et chaussures en matières plastiques.
  • Sports à risque : natation, judokas, marathoniens.
  • Tabagisme élevé.
  • Malposition des orteils
  • Epaississement de la plante des pieds.
  • Présence d’un champignon dans les espaces inter-orteils.
  • Pathologies associées : diabète, obésité, pathologies vasculaires périphériques, maladies ostéo-articulaires sous-jacentes, psoriasis.

Les signes qui doivent allerter

L’aspect de l’onychomycose varie en fonction de la voie d’entrée du champignon : bord latéral de l’ongle, lunule…

Cependant, certains signes sont très évocateurs et doivent inciter à aller consulter rapidement :

Un changement de couleur 

 Ongle jauni

 

 

 

Il devient opaque ou prend une coloration blanchâtre avec de fines stries transversales.

Il peut aussi devenir jaune, marron, vert ou même noir.

 

Et /ou une augmentation de l’épaisseur de l’ongle.

L'ongle s'épaissit peu à peu.

Un aspect friable et poudreux de l’ongle.

L'ongle devient très fragile. Il casse facilement et laisse un dépot blanc sur les bas et chaussettes.

Un décollement de l’ongle.

 Ongle décollé

 

 

L'ongle se décolle .

Il laisse une tache au niveau de la lunule ou au bord de l'ongle.

 

 

 

Au début, les signes sont localisés ; il peut s’agir d’une petite tache du bord de l’ongle, ou au niveau de la lunule, ou encore au centre de l’ongle.

Sans traitement, petit à petit, cette atteinte va détruire tout l’ongle, va s’étendre aux autres ongles, et même pouvoir être transmise à un autre membre de la famille, ou à n’importe quelle personne qui va se trouver pieds nus dans les mêmes lieux que vous : piscine, gymnase…

Tous ces signes très spécifiques doivent nous allerter or ce n’est pas toujours le cas.

En effet, le plus souvent nous pensons que c’est passagé et qu’une manucurie ou pédicurie résoudra le problème…Un peu de vernis pour cacher le tout…Et l’on attend l’été suivant pour ressortir nos « vilains » petits pieds et alors on découvre que le problème s’est amplifié.

Conséquences…

La moitié des personnes atteintes d’onychomycose ressentent des douleurs de la base de l’ongle et les trois quarts d’entre elles éprouvent une gêne limitant le port de chaussures, la marche et les activités sportives.

Plus difficiles à cacher que celles des pieds, les onychomycoses des doigts peuvent être inesthétiques et même limiter la dextérité manuelle.

Elles posent également des problèmes relationnels dans certains emplois.

…Et complications

Les anomalies de l’ongle dues à un champignon peuvent provoquer des plaies de la peau entourant l’ongle.

L’infection elle-même se comporte comme un réservoir permanent de champignons qui peut aller infecter d’autres parties du corps.

Elle risque aussi d’être une porte d’entrée pour d’autres infections, parfois graves.

L’ongle mycosique est une maladie contagieuse

En effet, l’ongle mycosique est un réservoir de champignons.

La contamination peut se faire d’une personne à l’autre mais aussi de façon indirecte.

Et cette dernière est la plus fréquente.

Elle se fait par l’intermédiaire :

  • des sols souillés par des squames (petites lamelles de peau qui se détachent) contenant le champignon (salle de sports, piscines, tatamis…).
  • des linges de toilette, vêtements et chaussures « porteurs de spores ».

Il faut savoir que les champignons peuvent survivre des mois, voire des années dans le milieu extérieur, en particulier dans l’environnement de la personne atteinte d’onychomycose, ce qui contribue à leur recontamination et leur dissémination.

Le diagnostic

Le diagnostic d’onychomycose peut être suspecté par le médecin sur l’aspect de l’ongle : ongle épaissi, ongle jauni, ongle décollé mais un examen mycologique est toujours nécessaire pour confirmer la présence d’un champignon dans un ongle.

Cet examen permet aussi d’éliminer les autres pathologies de l’ongle : psoriasis, microtraumatismes.

Cet examen se fait à partir d’un prélèvement de l’ongle à la limite entre la zone saine et la zone atteinte.

Il est soit réalisé directement par le mycologue en laboratoire spécialisé, soit par le médecin et envoyé ensuite au laboratoire.

Le prélèvement  doit être réalisé :

  • après nettoyage avec le savon habituel,
  • après un arrêt de trois mois du traitement antifongique si la personne était traité.

 Un diagnostic mycologique comprend :

  • un examen direct de réalisation immédiate qui confirme l’onychomycose.
  • une culture nécessitant 2 à 3 semaines  qui permet d’identifier le champignon.

Les résultats permettent d’adapter le traitement au champignon en cause.

Traitement

Les facteurs favorisant la colonisation par les champignons et les réinfections doivent être débusqués.

Eviter :

  • les microtraumatismes répétés de l’ongle,
  • le port de chaussures ou de bottes fermées…, tout ce qui favorise l’excès de chaleur et d’humidité.

Pour prévenir les récidives :

  • Sécher soigneusement les pieds en insistant sur les espaces inter-orteils.
  • Désinfecter les sites de recontamination (chaussettes et chaussures mises pieds nus…).
  • Utiliser des serviettes individuelles.
  • Chercher d’autres membres de la famille atteints.
  • Surveiller régulièrement l’état des pieds.

L’atteinte des ongles des pieds est en général précédée d’une atteinte de la plante des pieds ou de l’espace entre les 4e et 5e orteils.

Agir sur les facteurs favorisants collectifs

Eviter la persistance de squames infectés contaminants sur les sols :

  • utilisation du matériel facile à nettoyer (caillebotis en plastique plutôt qu’en bois…),
  • nettoyage régulier des sols,
  • portés des sandales en plastique,
  • utiliser des serviettes personnelles.

Les traitements antifongiques

Il est important de savoir qu’un champignon non traité ne guérit pas spontanément.

Pendant longtemps, les onychomycoses ont été considérées comme des affections rebelles dont le traitement était décevant.

Depuis quelques années, avec l’apparition de nouveaux antifongiques (médicament capable d’entraver le développement ou bien de détruire le champignon ) par voie locale (solutions filmogènes = vernis médical) et par voie orale, on dispose actuellement de traitements capables de guérir les onychomycoses.

L’objectif du traitement est double :

  • l’élimination du champignon de l’ongle,
  • et un retour à la normale de l’ongle traité.

Le médecin opte pour la stratégie thérapeutique le mieux adaptée à chaque patient en prenant en compte de nombreux facteurs parmi lesquels interviennent l’aspect de l’ongle, le champignon suspecté ou isolé, l’âge…l’efficacité et les effets secondaires des antifongiques…

La prise en compte de ces facteurs augmente le pourcentage de succès thérapeutiques.

Avant de débuter le traitement antifongique proprement dit, la surface de l’ongle malade peut être réduite par les soins d’un pédicure-podologue ou par l’application de préparations spécifiques prescrites par un médecin pour éliminer le plus possible d’ongle malade et favoriser encore plus la diffusion du traitement local.

Les solutions filmogènes permettent la diffusion du médicament qu’elles contiennent :

  • dans les couches superficielles mais aussi dans les couches profondes de l’ongle,
  • à concentrations élévées, de façon durable.

Et il est important de souligner qu’un traitement n’est efficace, que s’il est appliqué et/ou pris comme le praticien l’a prescrit : à la bonne dose pendant la bonne durée.

Lorsqu’un traitement est mal conduit, le champignon reste à l’état latent, prêt à se développer à la première circonstance favorable telle que la chaleur ou l’humidité.

Le dépistage

Dans une étude sur la prise en charge des onychomycoses conduite en dermatologie, il a été constaté qu’un patient sur quatre ignorait qu’il était porteur de cette pathologie.

10% des patients atteints d’onychomycose ont une destruction complète d’un ou  plusieurs de leurs ongles de pieds.

Plus une atteinte de l’ongle est importante, plus elle est difficile à traiter.

D’où la nécessité de surveiller ses pieds régulièrement et de consulter rapidement au moindre doute car pour guérir, l’onychomycose nécessite un traitement, généralement de longue haleine.