Antidépresseurs
L'antidépresseur est un médicament utilisé dans le traitement des dépressions nerveuses.
Les signes d'une dépression nerveuse sont la tristesse, la perte d'intérêt et de goût pour toutes les activités, souvent accompagnés d'un sentiment de dévalorisation de soi.
La vie sociale et la vie sexuelle sont pronfondément affectées par le désintérêt global : on n'a plus envie de rien faire et on ne s'en sent plus capable.
Tous les degrés existent, de la dépression légère jusqu'à l'accès mélancolique aigu.
Le risque principal d'une dépression réside dans une éventuelle tentative de suicide.
Pour traiter une dépression, le médecin dispose de sa relation personnelle avec le malade, du soutien d'une psychothérapie, de médicaments anxyolitiques et hypnotiques, mais surtout des antidépresseurs.
Les progrès de ces derniers ont pratiquement supprimé les indications de l'électrochoc.
Comment agissent les antidépresseurs ?
Ils agissent au niveau de la chimie du cerveau en modifiant l'action des médiateurs chimiques entre les neurones.
Ceci ne signifie pas que la dépression soit une maladie de nature chimique, mais simplement qu'elle peut être traitée de cette façon.
En contrepartie de l'efficacité de ce mécanisme, de nombreuses fonctions végétatives du cerveau sont modifiées, ce qui entraîne des effets secondaires non négligeables.
Quels sont les principaux antidépresseurs?
Il en existe trois groupes principaux, ayant chacun des indications préférentielles :
- Les dérivés de l'imipramine : ce sont les antidépresseurs les plus utilisés. Ils sont efficaces environ trois fois sur quatre.
- Les dérivés de l'amitryptyline ont une propriété sédative intéressante dans certains cas.
- Les IMAO, "inhibiteurs" de la mono-amine-oxydase (un enzyme cérébral), sont très efficaces, mais dangereux par les effets secondaires qu'ils provoquent. C'est pourquoi ils sont réservés aux traitements des cas graves en milieu hospitalier psychiatrique.
Il existe d'autres antidépresseurs de structure chimique différente et d'effet plus modéré.
L'action des antidépresseurs est souvent complétée par des tranquillisants pour soulager l'anxiété et par des hypnotiques pour régulariser les troubles du sommeil.
Quels sont les effets secondaires?
Les deux premiers groupes entraînent des désagréments mineurs : sécheresse de la bouche, constipation, vertiges, vue double.
Ils entraînent aussi et surtout : accélération du rythme cardiaque, chute de tension avec vertiges en station debout, troubles qui risquent d'aggraver une insuffisance cardiaque préexistante.
Leur effet stimulant les fait prescrire en début de journée car ils peuvent accentuer les troubles du sommeil.
les IMAO sont dangereux par leur action brutale sur la tension artérielle : parfois hypertension, parfois chute importante de la tension.
Leur association avec les anesthésiques et quelques antalgiques est redoutable.
C'est pourquoi tout traitement aux IMAO doit être interrompu longtemps avant une intervention chirurgicale : l'urgence est interdite!
Tous les antidépresseurs ont en commun un risque majeur.
Au commencement du traitement, ils donnent au malade la capacité d'agir à nouveau : c'est la levée d'inhibition.
Le problème est que la première envie d'un déprimé est souvent de mourir.
C'est au début d'un traitement antidépresseur que le risque de tentative de suicide est le plus grand.
Un traitement prudent, sous la conduite d'un médecin habitué à ces problèmes, ainsi que la prescription conjointe de fortes doses de tranquillisants limitent le risque.
L'inversion de l'humeur
Un autre risque commun à plusieurs types d'antidépresseurs est l'inversion de l'humeur.
La dépression persiste mais masquée par une apparente activité, un discours abondant, des prises de décision rapides, une relative excitation.
Le risque est alors de passer de l'état dépressif à l'état maniaque ou hypomaniaque, où les comportements sont imprévisibles.
Cette inversion est le signe qu'il faut impérativement modifier le traitement.
Important
Les médicaments ne sont qu'une aide pour passer un cap, reprendre la bonne voie.
Ils ne peuvent agir sur les circonstances qui ont déclenché la dépression, ni résoudre les problèmes de la personnalité déprimée ou mélancolique.
Ces troubles de personnalité ne peuvent être soignés que par un traitement spécifique : psychothérapie ou psychanalyse selon les cas.
Les électrochocs ou les cures de sommeil, largement pratiqués avant les progrès de la chimie, le sont beaucoup moins aujourd'hui.
Ils sont réservés aux cas rebelles au traitement médicamenteux.
Attention
Surveiller étroitement un de ses proches en traitement antidépresseur : les risques de suicide existent.
Porter ou faire porter une carte de santé indiquant la nature et les doses du traitement suivi.
Signaler son traitement à tout médecin consulté : il y a des associations de médicaments dangereuses.
Pour les mêmes raisions, ne jamais prendre de médicament de son propre chef.



