Antidiabétiques oraux
Les antidiabétiques oraux sont utilisés dans le traitement du diabète de type II, indépendant de l'insuline, qui apparaît chez l'adulte et accompagne en général une obésité de l'âge mûr.
Leur place dans le traitement ne vient qu'après le régime hypocalorique destiné à faire maigrir le malade, ce qui suffit parfois à le guérir.
C'est quand le régime ne suffit pas, qu'il est inefficace, ou qu'il n'est pas respecté par le malade, que le médecin décide de prescrire des antidiabétiques.
Ils contrôlent les pics glycémiques, c'est-à-dire les taux de sucre franchement trop élevés surtout après les repas.
Ils limitent en cela quelques complications du diabète, comme la cécité par destruction des vaisseaux sanguins de l'oeil ou l'atteinte des reins.
Toutefois, des études américaines très poussées ont démontré que les antidiabétiques oraux ne modifient pas l'espérance de vie.
Au contraire, dans certains cas ils la réduisent, s'ils ne sont pas associés à un régime strictement équilibré ou hypocalorique.
Dans le diabète de type II, il n'y a pas de manque d'insuline sécrétée par le pancréas, mais une mauvaise utilisation de celle-ci par les tissus périphériques.
Le taux sanguin d'insuline est même plus élevé que chez un sujet normal, car le pancréas fonctionne en surrégime.
Un traitement à l'insuline n'est donc jamais justifié, sauf lors d'épisodes particuliers comme un accident ou une intervention chirurgicale.
Il existe eux grandes classes d'antidiabétiques oraux : les sulfamides et les biguanides.
Les sulfamides hypoglycémiants
Dérivés des sulfamides antibiotiques, pour lesquels on a observé il y a plus de cinquante ans qu'ils abaissaient la glycémie, les sulfamides hypoglycémiants agissent en stimulant la sécrétion d'insuline par le pancréas.
Les uns sont d'action brève, car ils connaissent une élimination rapide, d'autres ont une durée d'action de plus de douze heures.
Dans les deux cas, ils sont absorbés par voie orale sous forme de comprimés, soit avant les repas, soit matin et soir..
La décharge d'insuline qu'ils provoquent dans le sang limite l'importance du pic glycémique après le repas, sans modifier beaucoup la glycémie mesurée à jeun.
L'association de deux sulfamides n'a aucun intérêt, puisqu'ils agissent strictement de la même manière.
Comme tous les sulfamides, les hypoglycémiants peuvent être responsables d'allergies ou de photo sensibilisation avec allergie à la lumière solaire.
L'accident le plus fréquent est le malaise ou le coma hypoglycémique.
Il survient quand le malade a pris son médicament, mais "saute" un repas ou fait un effort inhabituel qui épuise ses réserves de sucre, car le pancréas continue de sécréter l'insuline.
Les hypoglycémiants modifient aussi le mode d'action d'autres médicaments comme l'aspirine, les sulfamides antibactériens ou les anti-inflammatoires.
En dehors des contestations sur leur bénéfice à long terme, les sulfamides sont suspectés de favoriser l'épuisemement du pancréas trop sollicité et de conduire à un diabète insulino-dépendant de type I chez le vieillard.
Les biguanides
Ils agissent d'une manière très complexe, puisqu'on connaît au moins quatre actions différentes.
Ils ralentissent l'absorption intestinale du glucose, freinent les chaînes respiratoires à l'intérieur des cellules, inhibent la synthèse de glucose par le foie et les reins, et accroissent l'utilisation du glucose par les tissus, peut-être en favorisant l'action de l'insuline naturelle.
Ils n'ont aucune action sur le pancréas.
Ils sont absorbés sous forme de comprimés-retard, en général matin et soir.
Ils ont un effet de frein sur l'appétit, ce qui n'est pas un inconvénient mais peut favoriser un malaise hypoglycémique si le malade prend en même temps des sulfamides hypoglycémiants.
Quelques troubles digestifs, de type nausée, douleurs gastriques ou diarrhée sont possibles, surtout quand les comprimés sont pris à jeun.
Ils semblent également perturber l'absorption de la vitamine B12.
L'accident majeur possible est l'acidose lactique, trouble grave du métabolisme favorisé par l'absorption simultanée d'alcool ou par une maladie hépatique, rénale ou respiratoire.
Comme pour les sulfamides, l'étude américaine montre que les biguanides ne modifient pas, voire diminuent l'espérance de vie s'ils ne sont pas accompagnés d'un régime strictement observé.
Attention
Le régime du diabétique doit respecter les règles de l'équilibre alimentaire.
Il doit comporter des sucres lents, ou amidons, et un minimum de sucres rapides pour ne pas favoriser un excès de lipides, très dangereux à terme pour les vaisseaux sanguins.
C'est le niveau calorique global qui est le plus important.
Les aliments spéciaux pour diabétiques n'ont aucun intérêt aux yeux des spécialistes qui les déconseillent très clairement.
Important
Les antidiabétiques oraux ne doivent être considérés que comme un traitement d'appoint du diabète de type II, en complément du régime, seul capable de modifier le pronostic.
Ils ne doivent pas créer un faux sentiment de sécurité qui autoriserait une liberté nutritionnelle sans contrôle.



