Envenimation par les poissons et les organismes marins
Mais il existe d'autres dangers, en dehors de souillures ou de pollutions accidentelles des poissons par les résidus chimiques.
Les poissons à chair toxique
Divers poissons des mers chaudes sont potentiellement toxiques.
Ce sont surtout le poisson-coffre, le mérou des tropiques, le barracuda, la carangue, le poisson-perroquet ou le poisson-chirurgien.
Les troubles portent le nom d'ichtyotoxicose, de gratte ou de ciguatera.
Ils débutent par un malaise général avec picotements de la face, nausées et sueurs froides.
Une à deux heures plus tard, les troubles de la sensibilité cutanée et les troubles digestifs s'accentuent.
Les troubles cardio-vasculaires, les douleurs diffuses, la fatigue apparaissent le lendemain.
L'évolution normale est la guérison, mais la convalescence demande deux à trois semaines.
La consommation de chair ou de foie de requin peut provoquer des troubles digestifs, des fourmillements et une éruption avec démangeaison intense.
Les mulets et surmulets, entre autres, provoquent des hallucinations.
Le thon, l'albacore, le maquereau ont des chairs fragiles.
Sous l'effet de la chaleur elles se dégradent et libèrent de l'histamine, substance responsable des allergies.
Peu après le repas, le visage gonfle, le malaise va jusqu'à la syncope avec pâleur prononcée ou rougeur extrême, la gêne respiratoire est possible par gonflement de la gorge.
Les médicaments antihistaminiques, comme le Phénergan, sont efficaces mais l'importance des troubles peut imposer une consultation d'urgence.
Les poissons à organes toxiques
Chez certains poisson des mers orientales, comme les diodons ou poissons-lune et tétraodons, seuls les viscères sont toxiques.
Chez d'autres, tels de nombreux poissons d'eau douce et la lotte, ce sont les organes sexuels et la laitance qui sont dangereux.
Les premiers provoquent des paralysies et des troubles cardio-vasculaires majeurs, les seconds donnent des signes digestifs bénins et passagers.
Les envenimations par contact ou piqûre
Les poissons
L'exemple connu sur toutes les plages européennes est celui de la vive.
Enfoncée aux trois-quarts dans le sable, elle pique l'imprudent qui présente une main nu ou un pied nu à ses nageoires dorsales.
La piqûre provoque une douleur intense qui envahit rapidement le membre jusqu'à sa racine et s'accompagne, selon la gravité, d'un malaise, d'une chute de tension, d'un pouls rapide, de vertiges, de délire ou de convulsions.
Il existe bien d'autres poissons qui possèdent un système de défense identique : la carangue, le chabot, l'aigle de mer, la raie, le congre, la rascasse en Méditerranée, le poisson-pierre dans les mers chaudes.
Les animaux marins
Certains animaux marins, comme les oursins, provoquent des piqûres désagréables mais dont le seul risque est de s'infecter.
L'extraction à la pince ou au bistouri des fragments de piquants est suivie d'une désinfection et d'un traitement antibiotique.
D'autres animaux, tels les méduses, anémones de mer, coraux et divers mollusques, provoquent une réaction d'urticaire aux points de contact : douleur brutale, gonflement, rougeur intense, démangeaison insupportable.
Une sensibilité individuelle facilite malaise, perte de conscience ou chute de tension.
Les coquillages recherchés dans les mers chaudes pour leur beauté, comme les cônes, injectent leur venin à l'aide d'une sarbacane incluse dans leur pharynx.
Douleur locale aiguë, engourdissement, gonflement important peuvent être suivis de troubles généraux à type de paralysie, très dangereux chez le nageur isolé.
Que faire?
La plupart des venins sont sensibles à la chaleur et résistent mal à un bain de pieds ou de mains à 55-60 degrés.
La douleur et les signes généraux imposent une intervention médicale et un traitement spécifique à chaque situation.
Important
Dans toutes les mers chaudes y compris les Antilles, la mer du Japon et parfois la Méditerranée se trouvent des poissons toxiques.
Prévention : ne consommer que du poisson frais et identifié, respecter les compétences des pêcheurs locaux.
Quelques repères pour réfléchir
- Les guides et pêcheurs locaux connaissent toutes les espèces dangereuses et les précautions à prendre : fiez-vous à leurs conseils.
- Marcher pieds nus dans l'eau chaude d'une mer tropicale est agréable mais inconscient.
- Ramasser à mains nues des coquillages inconnus, que par ailleurs l'on trouve à tous les étals locaux, est un risque inutile.
- La vie dans les mers chaudes est un spectacle merveilleux à observer avec autant de plaisir que de prudence !



