vendredi 17 février 2012

Hirsutisme

hirsutisme

L’hypertrichose ou excès de pilosité sur les jambes, les avant-bras, le menton, doit être nettement différenciée de l’hirsutisme.

L’hirsutisme est caractérisé par les excès précédents , mais aussi par la présence de poils à des endroits où il n’y en a normalement pas : joues, thorax, abdomen, face interne des cuisses, aines, creux des reins chez la femme.

Il est habituellement associé à des signes d’excès de production d’hormones mâles : acné, voix grave, musculature développée, chute paradoxale des cheveux.



Tous ces signes traduisent un excès d’androgènes sécrétés par les glandes surrénales ou les ovaires, ou une sensibilité excessive des tissus cutanés à un taux normal d’hormones.

 

 

Symptômes

 

  • Pilosité excessive soudaine
  • Apparition de poils à des endroits normalement glabres (joues, thorax, abdomen…)
  • Chute des cheveux
  • Acné
  • Voix devenant plus grave.
  • Obésité localisée au niveau du cou et du thorax
  • Troubles des règles

Les causes qui conduisent à une production excessive d’androgènes sont nombreuses.

Deux d’entre elles concernent la glande surrénale.

Les tumeurs virilisantes apparaissent chez la femme entre 30 et 40 ans en moyenne, et s’accompagnent parfois d’une obésité particulière du cou et du thorax.

Les anomalies congénitales des surrénales peuvent se révéler tardivement chez l’adulte par un hirsutisme.

D’autres concernent les ovaires : tumeurs sécrétant des androgènes, dystrophie ou anomalies de forme et de structure des ovaires, épaississement de la membrane entourant les ovaires.

Tous ces troubles s’accompagnent d’hirsutisme.

Les différentes tumeurs sécrétantes sont parfois bénignes, sans évolution grave, parfois cancéreuses avec le sombre pronostic que cela signifie.

Exceptionnellement, l’hirsutisme est un effet secondaire de médicaments hormonaux ou hypotenseurs par exemple.

Dans certains cas, aucune cause n’est retrouvée.

 

Traitement

 

Il faut consulter son médecin dès l’apparition de poils anormaux, sur des régions normalement glabres, ou dès l’augmentation inexpliquée d’une pilosité normalement située mais accompagnée de signes de virilisation.

Il existe souvent des troubles associés, notamment des règles, qui peuvent conduire à consulter le médecin.

Le médecin confirme qu’il s’agit d’un hirsutisme et non d’une hypertrichose à caractère familial.

Il dresse aussi un bilan de l’appareil génital et des surrénales.

Pour orienter ou confirmer le diagnostic de la cause, le médecin a besoin d’examens complémentaires.

Des dosages hormonaux complexes et précis sont demandés dans les urtines et sourtout dans le sang, parfois à différents moments du cycle.

Des échographies et des radiographies spécialisées lui permettent de préciser la taille et la forme des glandes surrénales, des ovaires et parfois de l’hypophyse.

Lorsqu’il existe une tumeur sécrétant des hormones mâles, le seul traitement efficace et définitif est l’ablation chirurgicale de cette tumeur.

Ailleurs, le traitement repose sur la prescription de substances anit-androgènes dont la plus courante est l’acétate de cyprotérone.

Bien entendu, cette substance est fortement contre-indiquée en cas de grossesse car elle modifierait le développement d’un fœtus masculin.

D’autres traitements, tels que les oestroprogestatifs ou la dexaméthasone, ont été essayés avec moins de succès.

Le traitement dermatologique associé est indispensable : épilation électrique par un spécialiste, décoloration, soins de l’acné et de la séborrhée associés à l’hirsutisme.

Quand l’hirsutisme est consécutif à la prise d’un médicament, l’arrêt immédiat de celui-ci stoppe l’évolution mais la régression spontanée de la pilosité acquise est rare.

 

L’hirsutisme est-il grave ?

 

La maladie à l’origine de l’hirsutisme peut parfois être grave, notamment s’il s’agit d’une tumeur cancéreuse.

L’hirsutisme est surtout très gênant quand il s’accompagne d’une virilisation.

Les problèmes sexuels, affectifs et relationnels sont alors affectés par le trouble psychologique bien compréhensible qui s’installe.

Les mesures esthétiques ou cosmétiques ont alors autant d’importance que le soutien psychologique.

 

Attention !

 

L’hirsutisme peut être le symptôme d’une maladie grave.

Il faut surtout éviter de nier le problème, soit en récusant une évidence, soit en tentant la dissimulation par des moyens esthétiques.

Le rasage, l’épilation à la cire ne font que masquer le symptôme, l’aggravent progressivement en augmentant la taille des poils épilés ou rasés, mais ne traitent en aucune façon la maladie en cause.