La ration de la personne âgée

 

 

Les personnes âgées ont une alimentation liée à leur évolution physique, psychique et économique. Toutes les enquêtes montrent que le vieillard est le plus exposé aux malnutritions, aux carences par défaut d’apport calorique, de protéines et de vitamines.

 

 

Les facteurs physiquesPersonnes âgées

 

  • La perte de la dentition

 

 Elle leur rend difficile l’absorption d’aliments solides, même avec des appareils dentaires. Un régime basé sur les purées et les aliments mixés manque de variété et ouvre peu l’appétit.

 

  • L’ankylose

 

 Elle est souvent liée à l’arthrose diffuse et gêne l’approvisionnement, la préparation des repas et allonge leur durée. La réduction d’activité physique diminue les besoins et entraîne une baisse simultanée de l’appétit.

 

  • La réduction des sécrétions digestive

 

 Elle  rend très pénible la digestion de repas, « normaux » pour des adultes, mais trop « abondants » pour la personne âgée.

 

  • L’intolérance intestinale

 

 Elle est liée au mauvais fonctionnement intestinal dû à  l’âge et qui conduit bien souvent à écarter les féculents (source de flatulences) ou les légumes verts (source d’irritation colique).

 

Les facteurs psychiques

 

  • L’état dépressif

 

 Il est fréquent à cet âge et est dû à l’isolement,  à la perte d’êtres chers, à l’idée de la mort prochaine, au sentiment d’inutilité, aux divers maux physiques inévitables. Souvent le rejet par la famille, le placement en établissement d’accueil ne fait qu’accentuer une dépression qui s’accompagne d’une perte d’appétit.

 

  • Les aliments

 

Ils ont une  valeur affective marquée. Certaines denrées, pourtant parfaitement digestes, sont rejetées alors que d’autres sont systématiquement recherchées. Ce point est d’autant plus difficile à résoudre que la personne âgée tend à sélectionner les  aliments de sa jeunesse, voire de son enfance, qui souvent n’existe plus tels qu’elle les a connus. Cela entraîne des conflits dans les collectivités comme les hôpitaux ou les maisons de retraite, où la cuisine sert de support à toutes les critiques.

 

 

Les facteurs socio-économiques

 

 

 La baisse des ressources liée à la retraite est certes un facteur d’appauvrissement de la ration alimentaire mais le trouble essentiel es dû à l’isolement, à l’état de dépendance qui ne facilitent  pas un approvisionnement régulier ni le goût de préparer des repas agréables. La disparition des commerces de proximité n’a fait qu’accentuer cette tendance depuis plus d’une dizaine d’années.

 

Les bases d’une ration

 

 

 Elle doit respecter les équilibres qualitatifs et quantitatifs de diversité et de variété des aliments.

L’apport calorique diminue progressivement en fonction de la réduction de l’activité physique.

L’apport de protéines doit être quotidien, également réparti entre viande et poisson d’une part, et œufs et laitages d’autre part.

Les huiles de tournesol et de maïs, (malgré tout moins favorables au cholestérol et à l’artériosclérose)  seront préférées au graisses animales et à l’huile d’arachide.

En conclusion, la personne âgée doit continuer de manger de tout, notamment des fruits et légumes qui lui fournissent les vitamines et les fibres cellulosiques dont elle à besoin pour un bon transit intestinal.

 

 

Les carences les plus courantes

 

 

Elles portent sur les sels minéraux, et tout particulièrement sur le calcium dont un apport de 800 mg par jour est nécessaire pour retarder la déminéralisation osseuse. Il n’y a que les laitages qui puissent répondre à ce besoin.

Puis vient la vitamine D, indispensable pour fixer le calcium et qui peut être apportée sous forme médicamenteuse.

Les carences en vitamines B et en fer sont courantes car la ration spontanée contient de moins en moins de viande. Un apport médicamenteux permet d’éviter l’anémie due à ces carences.

Le sel iodé, si possible, est nécessaire sauf dans les cas de troubles cardiaques sévères.

L’hypertension étant traité par d’autres moyens  que le régime désodé.

Et également le manque d’eau qui entraîne déshydratation, hypotension, insuffisance rénale et qui est le défaut le plus fréquent de ces personnes qui répugnent à boire beaucoup car elles ne sont plus très sûres de contrôler leur vessie. Un gros effort doit leur être imposé dans ce sens.

 

 

Et la malnutrition ?

 

 

Est-elle évitable ?

 

En analysant tout les facteurs, ils nous permettent de proposer des solutions :

 

  • Notamment contre l’isolement où on favorise ainsi la prise de repas en commun à l’hôpital ou à l’hospice : partager son repas est toujours plus agréable et appétissant que la solitude.

  • Le choix d’un menu, avec le conseil d’une diététicienne ou d’une infirmière, donne une sensation de liberté qui améliore l’appétit.

  • Un fractionnement des repas en cinq ou six fois permet de résoudre les difficultés digestives liées à des repas trop copieux ingérés en deux ou trois prises.

  • L’aide ménagère également ou le membre bénévole d’une association qui s’engage à faire les courses et en profite pour parler un peu chaque jour avec la personne âgée, résout les difficultés nées de l’ankylose. Mais la meilleure prévention reste tout de même le maintien d’une activité physique et mentale adaptée aux possibilités, et soutenue aussi longtemps que possible.
 
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