Les vitamines

 

 

Qu’est-ce que c’est ?Vitamines et fruits

 

Casimir Funk, biochimiste américain, remarqua en 1910 que les vitamines étaient des substances chimiques de la classe des amines et qu’elles étaient essentielles à la vie.

Au terme vitamine, on associe souvent celui de « fortifiant » ou « d’antifatigue ».

Mais les vitamines représentent beaucoup plus que cela.

Leur caractéristique est de participer aux actions biochimiques vitales et indispensables de nos besoins quotidiens  qui varient, selon le type de vitamine, entre 1/1000000 et 1/10 de gramme voire plusieurs grammes pour la vitamine C. Ces faibles quantités nous montrent combien ces substances sont actives.

On différencie les vitamines hydrosolubles (solubles dans l’eau) des vitamines liposolubles (solubles dans les graisses).

 

Les vitamines hydrosolubles, généralement, ne peuvent pas être stockées dans notre organisme. Les quantités superflues sont donc éliminées dans les urines, les selles et la sueur et cela permet ainsi la régulation de la concentration des vitamines dans le corps. Mais l’élimination rapide de cet excédent demande un apport constant de ces vitamines. D’où l’importance de manger correctement chaque jour. Toutes les vitamines B (excepté  la B12 qui est stockée), ainsi que la vitamine C en font partie.

 

Les vitamines liposolubles ne peuvent pas être éliminées dans les urines. Elles sont donc stockées dans l’organisme et il n’est donc pas nécessaire d’en consommer tous les jours. Mais la surconsommation de celles-ci peut entraîner une hypervitaminose (vitamines A et D).

A ce jour, il n’y a pas d’hypervitaminose connue pour les vitamines E, K, et la provitamine A.

 

La structure chimique des vitamines, leur mode d’action et leurs fonctions diffèrent beaucoup de l’une à l’autre. Elles ont tout de même quelques points communs :

·        Elles n’apportent aucune calorie

·        Elles sont présentes en faibles quantités

·        On ne peut les interchanger ou les remplacer (le déficit de l’une d’elles ne peut être compensé par la surdose d’une autre)

·        Elles ne peuvent pas être fabriquées par l’homme, même lorsqu’on lui transmet tous les éléments constitutifs (sauf pour les vitamines D,K et B3)

·        Elles sont essentielles au fonctionnement et à la croissance de notre organisme en activant l’oxydation des aliments et les opérations métaboliques.

               Leur carence provoque des troubles (maladies handicapantes ou mortelles notamment dans certains pays pauvres) et leur subcarence entraînent                      des perturbations des fonctions de l’organisme.

 

Où les trouver ?

 

Dans l’alimentation de tous les jours.

Chaque groupe d’aliments apporte sa famille de vitamines, c’est pourquoi il est recommandé de manger de tout.

 

·        Les viandes, volailles et œufs apportent de la vitamine B1 (surtout dans le porc), B2, B5, B6, B12, B3.

·        Les poissons apportent les mêmes vitamines que la viande avec en plus la vitamine A et D

·        Le lait et les produits laitiers apportent de la vitamine B2, A (s’ils sont entiers, et dans le beurre et la crème)

·        Les céréales complètes apportent de la vitamine E, ainsi que toutes les vitamines B.

·        Les légumineuses apportent de la vitamine B

·        Les légumes apportent de la vitamine B9, du bêtacarotène, de la vitamine C et B (surtout dans les pommes de  terre).

·        Les fruits apportent de la vitamine C, du bêtacarotène et de la vitamine B6 (dans la banane).

·        Les huiles végétales apportent de la vitamine E.

 

 

Certains aliments sont presque totalement dénués de vitamines. C’est le cas des aliments raffinés comme le pain blanc, les pâtes blanches, le riz blanc, le lait écrémé. Les aliments également préparés sans précaution (trempage trop long ou cuisson à l’eau), stérilisés ou irradiés. Mais la catégorie la plus dénuée reste celle du sucre. Non seulement le sucre blanc sous toutes ses formes (pâtisseries industrielles, bonbons et sucreries diverses) n’apporte absolument aucun micronutriment, mais nous devons puiser dans notre stock de magnésium, de chrome et de vitamine B1 pour le digérer.On les appelle des anti-aliments.

 

Carence de vitamines : Quels sont les personnes à risque ?

 

  • Les prématurés et nouveau-nés sont exposés à de sévères carences en vitamines A, D, E, K, vitamines liposolubles qui franchissent difficilement  le placenta.

 

  • Les femmes enceintes, surtout celles sujettes aux vomissements.

 

  • Les personnes malades chroniques atteintes de diabète, de sida ou d’insuffisance rénale.

 

  • Les personnes souffrant de maladies digestives, comme par exemple la maladie de Crohn.

 

  • Les sportifs, dont l’activité dévore les vitamines.

 

  • Les personnes suivant un régime amaigrissant drastique et peu équilibré. Le régime végétarien bien conduit n’expose pas à des carences.

 

  • Les alcooliques ou les fumeurs.

 

  • Les personnes exposées à des polluants ou à des stress permanents.

 

  • Les personnes convalescentes.

 

  • Les consommateurs ou usagers des médicaments : corticoïdes, laxatifs, psychotropes, antibiotiques, anticancéreux, pilule, anti-inflammatoires…

        En général presque tous les « anti »…

 

  • Les personnes âgées sont également des personnes à risque car elles mangent moins et leurs capacités à absorber les vitamines sont amoindries.

 

 

Carottes et peau colorée: quel rapport ?

 

Les carottes contiennent beaucoup de bêtacarotène (provitamine A) qui peut donner à la peau une coloration orangée sans qu’il y ait, bien sur, une quelconque gravité. On en trouve également dans certains compléments alimentaires « spécial soleil ».

Une société du Royaume-Uni a lancé un jus d’orange très enrichi en provitamine A. Les enfants qui en buvaient étaient surnommés les « nains jaunes » à cause de la coloration plus marquée de leur peau qui tirait sur le jaune orangée. Cette société a du baisser la teneur de ses jus en ce nutriment…

 

 

Sols et teneur en vitamine : Quel relation ?

 

L’agriculture intensive épuise les sols et les végétaux qui y poussent n’arrivent plus à puiser les nutriments essentiels et nécessaires. Il s’ensuit donc de grandes disparités.

On peut trouver ainsi de 0 à 116 mg de vitamine C dans une orange, de 70 à 18500 UI (unités internationales) de vitamine A dans une carotte, de 0,3 à 3,3 mg de vitamine B dans de la farine de blé complet…

 

 

Quels aliments choisir pour absorber le maximum de nutriments utiles ?  

 

Il faut privilégier une alimentation riche en nutriments dès le départ. Les plats préparés industriellement sont en grande majorité très pauvres en éléments protecteurs. En fait, plus les ingrédients sont simples et naturels, plus ils sont riches en vitamines et minéraux.

En général, préférez les crudités aux entrées de charcuterie, les plats simples (poisson et légume vert vapeur) à une pizza ou à un croque-monsieur sous vide. Optez pour un yaourt nature plutôt que pour une crème à la vanille et à 16h craquez pour un fruit plutôt qu’une barre chocolatée.

Mais l’alimentation bio repose sur un grand respect du produit et de la terre. Les conditions dans laquelle l’alimentation bio est produite favorise une plus grande richesse en nutriments.

 

 

Christian Eijkman (1858-1930)Christian Eijkman (1858-1930)

 

 

Il fut de 1888 à 1896 le médecin du pénitencier de Java, une île de la sonde alors sous tutelle Hollandaise. De nombreux prisonniers de ce pénitencier étaient atteints de béribéri, une maladie qui affaiblit le système nerveux, le  paralyse, puis entraîne la mort.

Eijkman nourrissait les prisonniers et les poules du pénitencier avec du riz poli, aliment de base des détenus sur l’île.

Comme les prisonniers, les poules étaient atteintes d’une polynévrite aviaire ressemblant au béribéri.

Lorsque le supérieur d’Eijkman lui interdit d’utiliser le riz des cuisines destiné aux prisonniers pour nourrir les poules, Eijkman remplaça le riz poli par du riz complet.

Très vite, il s’aperçut que les poules guérissaient de leur paralysie.

Le riz complet diffère du riz poli par la présence d’une enveloppe autour du grain que l’on appelle « son ».

Eijkman eut donc l’idée de nourrir certaines poules avec un mélange de riz et de son. Les poules guérirent.

Il conclut alors que la polynévrite des poules était analogue au béribéri et en déduisit, à tort, qu’il existe une toxine dans le riz poli et un antidote dans le son. Mais en appliquant le même traitement aux prisonniers, il fit néanmoins disparaître le béribéri.

 

Casimir Funk (1884-1967)Casimir Funk (1884-1967)

 

 

Quelque temps plus tard, Casimir Funk, biochimiste polonais reprit les travaux d’Eijkman sur le béribéri.

En 1912, il isola une substance cristalline hydrosoluble dans la cuticule du riz auquel il donna le nom de « vitamine » : vita = vie et amine =azoté.

Bien plus tard, on se rendit compte que ce terme était inadéquat car toutes les vitamines ne contiennent pas d’azote. Le terme est cependant resté dans la littérature.

Cette première vitamine est la B1 ou thiamine (nom chimique).Elle a la propriété de prévenir et guérir rapidement le béribéri. Par la suite, on l’isola à partir de la levure de bière.

 
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