Cécité
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- Publié le mardi 10 janvier 2012 11:04
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La cécité est l'absence ou la perte de la vision, l'un de nos sens fondamentaux.
Elle peut toucher un ou deux yeux, être totale ou non, réversible ou pas.
L'origine du trouble se situe au niveau des yeux eux-mêmes, des nerfs optiques ou du cerveau.
Il y a de très nombreuses causes de cécité, avec pour chacune d'elles une prévention et un traitement éventuel différents.
Les cécités congénitales
Les cécités congénitales sont dues le plus souvent à un défaut de développement du système nerveux optique pendant la grossesse.
Les causes héréditaires vraies sont rares.
Les causes infectieuses ont longtemps fait des ravages, notamment lorsque la mère contractait la rubéole ou la toxoplasmose pendant la gestation.
Les mesures de surveillance, la vaccination systématique des adolescentes ont permis la régression de ces causes.
Une autre infection a pratiquement disparu : l'ophtalmie du nouveau-né, due à une contamination oculaire au cours de l'accouchement, grâce à la généralisation de l'instillation antibiotique dès la naissance.
Les cécités progressives
Elles proviennent de diverses causes.
Les troubles de la réfraction sont responsables de pertes progressives de la vision chez l'enfant ou après 45 ans.
Le strabisme non corrigé conduit à la perte fonctionnelle d'un oeil, même chez l'enfant très jeune.
Le traitement est la correction des troubles par verres ou lentilles.
L'opacification du cristallin ou cataracte bénéficie maintenant des progrès de la chirurgie.
L'opacification du vitré, par exemple à la suite d'une uvéite ou ophtalmie des neiges, est plus difficile à traiter.
Les lésions de la rétine d'origine inflammatoire, diabétique, dégénérative, sont visibles à l'examen du fond de l'oeil.
L'onchocercose est la cause la plus répandue de cécité dans le monde : 200 millions d'individus en sont atteints.
C'est une affection parasitaire du milieu tropical.
Les lésions des voies optiques peuvent être dégénératives, sous l'action de divers toxiques, dont l'alcool et le tabac, au cours d'une sclérose en plaques, d'une névrite optique ou sans cause apparente.
Elles peuvent aussi être liées à une compression des nerfs optiques par une tumeur cérébrale ou un anévrisme.
Les cécités brutales
Les traumatismes du globe oculaire surviennent dans des circonstances évidentes.
Les traumatismes crâniens peuvent altérer les nerfs optiques ou la zone de vision du cerveau.
Le décollement spontané de rétine doit être évoqué devant une perte brutale avec éclairs et impression de volet ou de pluie noire.
Les causes vasculaires sont l'hémorragie spontanée du vitré, l'oblitération de l'artère centrale de la rétine ou l'obstruction de la veine centrale de la rétine.
La névrite optique, type sclérose en plaque ou intoxication médicamenteuse aiguë, peut également donner une cécité brutale.
Le glaucome aigu, ou hypertension des liquides intra-oculaires, comporte un risque de cécité brutale et irréversible.
Enfin, il ne faut pas oublier les cécités psychiques qui furent le point de départ du travaille de Freud.
Certaines sont de nature hystérique et peuvent guérir par psychanalyse, d'autres sont de pures simulations.
Traitement
Affirmer la cécité et évaluer sont degré est une affaire de routine pour l'ophtalmologiste.
Un examen oculaire complet, avec examen à la lampe à fente et fond d'oeil, lui permet de dépister toutes les causes purement oculaires.
Les causes liées aux voies nerveuses et aux lésions du cerveau sont plus difficiles à diagnostiquer et nécessitent souvent une hospitalisation pour bilan.
Une étude du champ visuel, des radiographies, un scanner cérébral, un examen par résonance magnétique nucléaire et divers examens de laboratoire sur le sang ou le liquide céphalo-rachidien sont pratiqués.
Le traitement est d'abord celui de la cause, lorsque c'est possible.
Dans quelques cas, dont la cataracte, le glaucome aigu ou les traumatismes oculaires, un geste chirurgical peut apporter un espoir de guérison, au moins partielle.
Dans d'autres cas, la correction des troubles initiaux et une rééducation orthoptique aboutissent à une récupération satisfaisante de la vision.
Certaines pertes incomplètes sont améliorées par des verres adaptés, qui permettent au moins d'avoir une autonomie quotidienne.
Enfin certaines cécités sont totales et définitives, posant les problèmes d'adaptation sociale, professionnelle et d'autonomie.
Évolution
La cécité doit faire l'objet d'une évaluation par l'ophtalmologiste.
S'il pense que la perte totale de la vision est inéluctable à moyen terme, il en parle suffisamment tôt pour que le malade puisse prendre toutes les dispositions utiles : apprentissage du Braille, modifications de l'environnement quotidien, reclassement professionnel ou mise en invalidité avec ou sans assistance d'un tiers.
Un soutien psychologique est alors souvent utile.




